[Oman]
Sultanat d'Oman

Oman

Saltanat 'Uman 

 
Capitale: Mascate 
Population: 5,4 millions (2025)
Langue officielle: arabe
Groupe majoritaire:  aucun
Groupes minoritaires: arabe omanais (40,4 %), arabe du Golfe (16,0 %), baloutche du Sud (11,7 %), malayalam (4,6 %), bengali (4,1 %), arabe dhofari (2,5 %), philippin (1,9 %), mehri (1,8 %), etc.
Système politique: État islamiste de monarchie absolue (sultan)
Articles constitutionnels (langue): art. 3 et 21 de la Constitution du 11 janvier 2021
Lois scolaires: Loi sur l'éducation scolaire (2023); Loi sur l'enseignement supérieur (2023)
Lois à portée linguistique:
Loi sur la presse et les publications (1984); Code de procédure pénale (1999); Loi sur la réglementation des télécommunications (2002); Code de procédure civile et commerciale (2002); Loi régissant les cabinets de traduction juridique (2003); Loi sur le droit d'auteur et les droits afférents (2008); Loi sur l'enfant (2014); Loi sur la protection du consommateur (2014); Loi sur le travail (2023); Loi sur les médias (2024); Loi sur la nationalité omanaise (2025).

1 Situation générale  
 

Oman est un pays de 309 500 km² (France: 547 03 km²) situé dans le sud-est de la péninsule Arabique; s'étendant sur près de 1760 km le long du golfe d'Oman, à l'est, et s'ouvrant sur la mer d'Oman au sud, le pays est délimité au sud-ouest par le Yémen, à l'ouest par l'Arabie Saoudite (désert de l'Ar Rub‘ al Khali) et au nord-ouest par les Émirats arabes unis.

Le territoire du sultanat comprend également la péninsule de Musandam, un cap stratégique dominant le détroit d'Ormuz, qui est coupé du reste du pays (70 km) par les Émirats arabes unis. Oman possède aussi un petit territoire de 93 km², le village de Madha, situé à mi-chemin entre la péninsule de Musandam et le continent omanais: une contre-enclave entièrement entourée par les Émirats arabes unis; il s’agit d’un village appartenant au gouvernorat de Musandam. La capitale du sultanat est Mascate. Oman est un sultanat, c'est-à-dire un État gouverné par un sultan (depuis le XVIIIe siècle).

En français, le nom Oman se prononce généralement o-man [ɔ:mɑ̃], avec la voyelle "an" comme dans Liban ou Iran. Cependant, certaines sources privilégient plutôt [ɔ:mann] comme dans Lausanne, avec la consonne nasale plutôt que la voyelle. Le mot Oman est masculin et, commençant par une voyelle, il s'emploie généralement avec « en » (ex.: en Oman).

Le sultanat d'Oman constitue un carrefour entre la péninsule Arabique, l'Afrique et l'Asie.

Le sultanat d'Oman est divisé administrativement en 11 gouvernorats (plur.: muhafazat, sing.: muhafazah) et, à l'intérieur des gouvernorats, Oman comprend un total de 63 provinces (wilayat).

Gouvernorat Nombre de provinces Population (2022)
Ad Dakhiliyah

9

  533 694
Ad Dhahirah 3  232 858
Al Batinah-Nord 6   872 014
Al Batinah-Sud 6   518 026
Al Buraimi 3   125 761
Al Wusta 4     59 468
Ash Sharqiyah-Nord 7   264 455
Ash Sharqiyah-Sud 5   349 748
Dhofar 10   486 369
Mascate 6 1 401 456 
Musandam  4      53 224
Total 63 4 897 073

Le pays possède l'un des plus grands gisements terrestres de pétroles, mais aussi réserves de gaz naturel, du minerai de cuivre, du marbre, de l’or et du platine.

2. Données démolinguistiques

Au recensement de 2025, le pays comptait 5,4 millions d'habitants (des Omanais), dont 26 % de travailleurs étrangers, originaires du sous-continent indien et de l'Afrique de l'Est, et principalement établis dans les ports. Le sultanat d'Oman est multiethnique et multilingue.

La religion d'État est l'ibadisme, branche de l'islam proche du kharidjisme, pratiquée par la famille royale: Oman est le seul pays musulman dont le courant dominant n'est ni le sunnisme ni le chiisme. Le régime politique est autoritaire tout en étant le plus démocratique de toute la péninsule arabique selon les classifications de l'indice de démocratie. En 2021, le sultan a fait garantir la liberté d'expression et de religion dans les lois constitutionnelles.

2.1 Les ethnies

Les ethnies autochtones sont les Arabes omanais (40,4 %) et les Arabes du Golfe (16,0 %), puis d'autres arabophones tels que les Dhofari, les Harsusi, les Hobyot, les Jibbali, les Luwati, les Mahra (Mehri) et les Baharnas. Les immigrants économiques parlent baloutche, malayalam, bengali, cebuan, ourdou, farsi, swahili, pendjabi, sindhi, goujarati, cinghalais maldivien et plusieurs variétés d'arabe: saoudien, soudanais, shihhi, jordanien et yéménite.

Ethnie Langue maternelle Population Pourcentage Affiliation linguistique Religion principale
Arabe omanais arabe omanais 2 221 000 40,4 % langue sémitique islam
Arabe du Golfe arabe du Golfe 881 000 16,0 % langue sémitique islam
Baloutche du Sud baloutche du Sud 645 300 11,7 % langue indo-iranienne islam
Malayali malayalam 250 000 4,6 % famille dravidienne hindouisme
Bengali bengali 224 000 4,1 % langue indo-iranienne islam
Arabe dhofari arabe dhofari 140 000 4,1 % langue sémitiqueislam
Philippin philippin (cebuan) 106 000 1,9 % langue austronésiennechristianisme
Mahra mehri 100 000 1,8 % langue sémitique islam
Arabe égyptien arabe égyptien 84 000 1,5 % langue sémitique islam
Ourdou ourdou 82 000 1,5 % langue indo-iranienne islam
Persan (Iranien) farsi de l'Ouest 76 000 1,4 % langue indo-iranienne islam
Indonésien indonésien 75 000 1,4 % langue austronésienne islam
Zanzibarais swahili  58 000 1,1 %langue bantoue islam
Goudjarate gudjarati  56 600 1,0 % langue indo-iranienne islam
Jibbali jibbali  50 000 0,9 % langue sémitique islam
Luwati luwati 47 000 0,9 %langue indo-iranienne islam
Arabe saoudien arabe naji 46 000 0,8 % langue sémitique islam
Pendjab pendjabi oriental 44 000 0,8 % langue indo-iranienne islam
Cinghalais cinghalais  40 000 0,7 %langue indo-iranienne bouddhisme
Sindhi sindhi  30 000 0,5 % langue indo-iranienne islam
Arabe soudanais arabe soudanais 22 000 0,4 % langue sémitique islam
Arabe bahreïnien arabe bahreïnien 20 000 0,4 % langue sémitique islam
Arabe jordanien arabe leventin du Sud 20 000 0,4 % langue sémitique islam
Arabe shihhi arabe shihhi 20 000 0,4 % langue sémitique islam
Arabe yéménite arabe taizzi-adeni 18 100 0,3 % langue sémitique islam
Autre ethnie ---- 43 0000,8 % ----- 
TOTAL (2025)   5 495 000 100 %    

2.2 Les langues

L'arabe moderne standard est la langue officielle du sultanat d'Oman. Il existe toutefois de nombreuses variétés de langue arabe (langues sémitiques): l'arabe omanais, l'arabe du Golfe, l'arabe saoudien, l'arabe soudanais, l'arabe shihhi, l'arabe jordanien, l'arabe yéménite, l'arabe dhofari, le harsusi, le hobyot, le jibbali, le kumzari, le luwati, le mehri et le baharna. Seuls les Arabes saoudiens (0,6 % de la population totale) parlent l'arabe classique comme langue maternelle. Pour les autres, l'arabe dit standard reste une langue écrite ou un véhicule de communication interethnique.

La plupart des autres langues que l'arabe sont d'origine indo-iranienne: le baloutchi, le bengali, l'ourdou, le farsi, le panjabi, le cinghalais, le sindhi, l'hindi, le gujarati et le kumzari. Il existe aussi une langue dravidienne (le malayalam), une langue austronésienne (le pilipino des Philippins) et une langue bantoue (le swahili des Zanzibarais).

Les langues numériquement les plus importantes sont, dans l'ordre décroissant, l'arabe omanais (40,4 %), puis l'arabe du Golfe (16,0 %), le baloutche du Sud (11,7 %), le malayalam (4,6 %), le bengali (4,1 %), l'arabe dhofari (2,5 %), le philippin (1,9 %), le mehri (1,8 %), etc. Si la langue arabe standard sert de langue commune aux arabophones, c'est l'anglais qui peut tenir ce rôle pour les ethnies provenant du sous-continent indien.

2.3 Les religions

Les Omanais sont, dans leur très grande majorité, de religion musulmane (85%), mais, dès les débuts de l'islam, les tribus arabes du pays, s'opposant à Ali, quatrième calife et gendre du prophète Mahomet, adoptèrent l'ibadisme, une variante modérée du kharijisme, mouvement de l'islam s'opposant tant au sunnisme qu'au chiisme. C'est la «troisième branche de l'islam» avec 75% de pratiquants omanais: presque une curiosité religieuse, les ibadites rassemblent aujourd’hui à peine 1 % des musulmans de la planète. Adeptes d’un islam de la tolérance, les ibadites ne sont donc ni sunnites ni chiites.

Une minorité de 5% est chiite et environ 6% sont hindous ou chrétiens. Qu’il s’agisse des trois branches de l’islam (sunnisme, chiisme et ibadisme), mais aussi des chrétiens, des hindous, des sikhs, la liberté de culte est respectée dans le Sultanat. Les cérémonies et les fêtes religieuses doivent être sobres et épurées de toute ostentation superflue, reflétant une éthique égalitaire et participative.

3 Données historiques  

Les peuplements les plus anciens que l'on connaisse à Oman remontent au IIIe millénaire avant notre ère et étaient déjà de langues sémitiques. Dans ce qui est aujourd'hui la province du Dhofar à Oman, les habitants de l'Antiquité entretenaient des relations commerciales avec l'Égypte, la Mésopotamie, la Perse, l'Inde et l'Afrique orientale : c'était le fameux «périple de la mer d'Érythrée». Dominées brièvement par la Perse après 536 avant notre ère et soumises à l'islam et à l'arabisation au VIIe siècle de notre ère, les populations d'Oman se rallièrent, en 751, au kharijisme, un mouvement dissident apparu après la bataille de Siffin entre Ali, quatrième calife et gendre du prophète, et son adversaire Muawiya; parmi les kharijites, les ibadites sont pacifistes. Ces tribus arabophones élurent leur premier imam. En dépit des tentatives du calife Haroun al-Rachid (763-809), le pays ne se soumit pas au sunnisme. Au Xe siècle, les qarmates, des chiites ismaéliens, conquirent le pays, occupé plus tard par les Seldjoukides.

3.1 L'empire d'Oman

Les marins omanais dominèrent le commerce avec l'Inde et l'Asie. Contrairement aux «peuples du désert», les Omanais furent un «peuple de la mer». Sur leurs boutres, ils utilisèrent la boussole dans l’océan Indien dès 1220, deux décennies avant les marins en Méditerranée. À l'époque médiévale, ils partirent sur leurs boutres à la découverte de l’Inde, de la Chine, des Maldives, atteignirent Zanzibar, puis Madagascar. Ce furent des explorateurs intrépides qui naviguaient sans cartes marines.

En saison de leurs nombreux voyages dans une grande partie du monde, les Omanais se distinguèrent aussi par leur ouverture, leur esprit de tolérance vers les autres et leur modération. Il sont adopté l'ibadisme au moment du schisme entre sunnites et chiites au VIIe siècle. Depuis des siècles, les ibadites omanais n'ont cessé de s’attirer la haine des fondamentalistes musulmans qui ne les considèrent même pas comme des musulmans. Les ibadites semblent préférer vivre sous une autorité non musulmane, plutôt que sous le joug de quelque islamiste radical.

À l’exception d’Oman, où les ibadites ont pu s’implanter durablement dès le début du VIIIe siècle, ils ne survécurent ailleurs que dans des endroits éloignés, en particulier dans le Maghreb. En effet, en dehors du sultanat d’Oman, les ibadites ne subsistent plus que dans de petites communautés, notamment dans l'île de Djerba (Tunisie), dans la wilaya berbérophone de Ghardaïa (Algérie), dans un massif montagneux (le Djebel Nafusa) de la Libye et à l'île de Zanzibar. Toutes ces communautés sont pourchassées et persécutées.

Puis, à partir du XVIe siècle, la concurrence européenne se fit plus rude. C'est ainsi que les Portugais s'emparèrent de Mascate en 1508, puis d'Ormuz en 1519. Ils contrôlèrent ainsi le golfe Persique, mais durent lutter contre les Britanniques, les Hollandais et les Perses (aujourd'hui les Iraniens).

- La tutelle sur Zanzibzar

Les Arabes d'Oman contraignirent les Portugais à quitter la région en 1650. De pays colonisé, Oman se transforma en pays colonisateur, reprenant aux Portugais toutes leurs possessions, dans le golfe Persique et jusqu'à la côte orientale de l'Afrique en face de Madagascar. Le sultanat d'Oman exerça une tutelle sur l'île de Zanzibar (Tanzanie) jusqu'au XIXe siècle. De là, les Omanais participèrent activement à la traite négrière. Certaines régions du sous-continent indien furent aussi soumises à la domination d'Oman. Les Omanais conquirent également Bahreïn sur les Perses, mais en 1737 ces derniers conquirent Oman, dont ils furent expulsés six ans plus tard par le sultan Ahmad ibn Saïd. L'un de ses descendants omanais renversa l'imam en 1793 et fonda le sultanat de Mascate; la dynastie demeurera au pouvoir jusqu'à nos jours.

Le contrôle de l'île de Zanzibar dans l'océan Indien par le sultanat d'Oman depuis Mascate devint effectif en 1698 lorsque le sultan construisit un fort à Zanzibar afin d'y consolider sa présence. La richesse de l'île, lieu de production d'épices et de transit de diverses denrées et de marchandises vers l'Asie et l'Europe, suscita les convoitises et entraîna des luttes de pouvoir continuelles. Zanzibar vivait alors de la culture de la datte, une denrée qui exigeait beaucoup de main-d'œuvre. Étant donné que les Omanais étaient musulmans et que leur religion interdisait la traite de musulmans, ils décidèrent d’avoir recours à des esclaves africains: ce fut la «traite orientale» pratiquée massivement en Afrique orientale, à l'origine de la langue swahilie.

- L'expansion territoriale
 

Avec des cargaisons annuelles de quelque 500 esclaves, l'île de Zanzibar atteignit rapidement des milliers d'esclaves, la plupart employés dans les plantations, bien que beaucoup  devenaient des domestiques ou des concubines ou étaient vendus en Inde ou en Perse. À partir de 1744, le sultan d'Oman, Ahmed bin Said al Busaidi (1710-1783) accorda une grande autonomie à Zanzibar en délégation des pouvoirs à un gouverneur qui pouvait contrôler toutes les possessions omanaises de la côte africaine. Cette liberté de pouvoir profita énormément à la traite arabe. Entre 1830 et 1873, environ de 700 000 esclaves allaient être vendus sur le marché de Zanzibar.

En 1798, la Grande-Bretagne, qui voulait ainsi s'assurer le contrôle de la route des Indes, au détriment de la France, signa un traité d'amitié avec le sultan d'Oman. Sous le règne de Ahmad ibn Saïd (1804-1856), Oman développa ses possessions africaines. En 1840, la capitale du sultanat de Mascate fut même transférée à Zanzibar. Durant son règne, le sultan Ahmad ibn Saïd contrôlait un véritable empire comprenant, outre Oman, le sud de la Perse et le détroit d’Ormuz, une enclave dans ce qui est aujourd’hui le Pakistan, et surtout, sur la côte de l’Afrique, les îles de Zanzibar et de Pemba ainsi que des possessions s’étendant de Kilwa (Tanzanie) jusqu’à Mombasa (Kenya) au nord de Zanzibar. Alors que la langue officielle était l'arabe à Mascate (Oman), c'est le swahili qui dominait à l'île de Zanzibar. Occupant déjà une position stratégique sur la route des Indes, le sultan était courtisé à la fois par les Britanniques et par les Français (Napoléon III). À la mort de Saïd, en 1856, le pays fut divisé en deux royaumes, celui de Mascate-et-Oman et de celui de Zanzibar, qui allait passer sous protectorat britannique en 1890 (avant de faire partie de la Tanzanie en 1964).

En 1880, le sultanat de Zanzibar possédait une étendue considérable: il comprenait évidemment l'île de Zanzibar, mais aussi l'île de Pemba au nord, les îles de Mafia et de Kilwa au sud, ainsi que partie côtière de l'Afrique orientale. Quant aux frontières occidentales, les limites n'étaient pas fixées de façon précise.

Par le traité du 5 août 1890, signé par la Grande-Bretagne et la France, celle-ci consentait à reconnaître le protectorat anglais sur les territoires du sultan de Zanzibar, en échange de la reconnaissance de son protectorat sur Madagascar.

3.2 Le protectorat britannique

En 1891, le sultanat d'Oman-et-Mascate devint un protectorat britannique. En 1885, la Compagnie de l'Afrique orientale allemande (en allemand: ''Deutsch-Ostafrikanische Gesellschaft'') signait des traités de protectorat avec les chefs indigènes de l'Afrique orientale et, en quelques mois, elle s'emparait d'une bonne partie du littoral de l'océan Indien. C'est alors que la Grande-Bretagne créa de son côté la ''British East African Association'', devenue l'''Imperial British East Africa Company'', tandis que le sultan de Zanzibar devint une victime collatérale des entreprises rivales entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Les Britanniques profitèrent de l'affaiblissement économique du sultanat, lié en partie à l'abolition du trafic d'esclaves à Zanzibar, et de la contestation menée par les tribus de l'intérieur. C'est à partir de ce moment que l'anglais pénétra dans l'administration, surtout au plan international. En 1913, le rétablissement de l'imamat ibadite d'Oman fut suivi d'une partition entre le sultanat de Mascate et Oman. Les britanniques arrêtèrent le commerce d'esclaves et encouragèrent celui des épices, de l'encens, des gemmes et du sel: ce fut la «trêve», le ''Dar al-Ahd'', qui dure jusqu'à nos jours.

La rébellion des tribus de l'intérieur, entraînées par l'imam Salim ibn Rachid, provoqua, de 1915 à 1920, une guerre civile et, à la demande du sultan, l'intervention des forces britanniques. Le même scénario se reproduisit en 1955, après la découverte de terrains pétrolifères dans l'oasis de Bureimi, mais cette fois l'événement prit une dimension régionale. L'ancien imam Ghaleb ibn Ali, qui prétendait au rétablissement de l'imamat et revendiquait des droits sur l'oasis, reçut le soutien de l'Arabie Saoudite, laquelle espérait étendre son territoire sur les abords orientaux du désert Rub al-Khali. L'Égypte et la plupart des États arabes soutinrent le sultan. La rébellion fut étouffée en 1957 avec l'appui des troupes britanniques.

3.3 Le sultanat d'Oman

En 1961, une nouvelle révolte éclata dans le pays, cette fois-ci dans le Dhofar à l'aide du Front populaire de libération appuyé par le Yémen. La guérilla fut vaincue grâce encore une fois à l'aide des Britanniques. Un nouveau conflit éclata en 1963 au Dhofar, où, armée par le Yémen du Sud, la Chine et l'Union soviétique, une guérilla marxiste s'opposa, jusqu'en 1975, au sultan Saïd ibn Taimour. Celui-ci, monté sur le trône en 1932, devait également compter avec ses héritiers. Il fut renversé par son fils, Qabus ibn Saïd, lors d'une révolution de palais en 1970. Lorsque Qabus ibn Saïd accéda au pouvoir en juillet 1970, le pays était miné par une guerre civile soutenue de l’extérieur, le sultanat restant isolé tant au plan régional qu'international.

Le sultanat de Mascate-et-Oman (appellation officielle) n’avait d’autre politique que celle que lui concédait la Grande-Bretagne, à qui Saïd ibn Taymur s’en était entièrement remis. De plus, l’État était presque inexistant, car il ne disposait pas d'une administration propre. Enfin, le sultanat d’Oman demeurait le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique. Néanmoins, le 6 octobre 1970, le sultanat fut admis au sein de la Ligue des États arabes et, le lendemain, au sein des Nations unies. Qabus ibn Saïd changea le nom de son pays qui devint le sultanat d'Oman et adopta un drapeau national; il pratiqua une ouverture modérée au monde moderne, contrairement à l'occidentalisation à outrance pratiquée dans les émirats voisins.

- Le 18 novembre 1971

Cette date marque le début de l'indépendance du sultanat d'Oman.

La question de la péninsule de Musandam, peuplée d'environ 15 000 habitants, refit surface lors de l’attribution de concessions pétrolières à des compagnies étrangères. Cette région était alors faiblement peuplée par trois groupes ethniques semi-nomades et la majorité des Shihuh, principale ethnie du Musandam, prêtèrent allégeance au sultan d’Oman; c’est ainsi que la région se retrouva séparée du reste du pays par les Émirats arabes unis. C'est devenu une enclave omanaise en terre émirienne. Ajoutons aussi la petite enclave de Madha (voir le site) dans les Émirats arabes unis.

Le sultan Qabus ibn Saïd réussit à maintenir la politique d'indépendance de son pays et sa particularité au sein du monde arabe. Ainsi, Oman ne rompit jamais ses relations avec l'Égypte, après la signature d'un accord de paix entre ce pays et Israël, en 1979. De même, le sultan tenta constamment de maintenir des relations cordiales tant avec l'Irak qu'avec l'Iran. Oman ne participa que discrètement à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe.

En septembre 1994, le sultan reçut la visite du ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati. Trois mois plus tard, contre l'avis de la plupart de ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe, il reçut la visite officielle du premier ministre israélien, Yitzhak Rabin. Malgré cela, et bien que le sultanat n'ait pas boycotté la Conférence économique pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord qui s'est tenue à Doha en novembre 1997, ses relations avec Israël restèrent tendues. Un bureau de représentation diplomatique a été ouvert à Gaza le 22 juillet 1997.

- La Constitution de 1996

La Loi fondamentale de 1996 (ou Constitution) correspond à une constitution octroyée par le souverain d'Oman: elle n’a fait l’objet d’aucune ratification populaire. Le texte précise que l’islam est religion d’État et que la Charia est à la source de la législation; la Constitution garantit un certain nombre de droits aux citoyens et la protection aux étrangers. De plus, une disposition précise que le régime est héréditaire, la succession étant limitée aux descendants mâles. Toutefois, le sultan n’a ni fils ni prince héritier désigné. La Loi fondamentale ne prévoit pas de contrôle de l’action du souverain, dont les attributions sont indiquées de manière non exhaustive.

Oman fait partie des pays producteurs de pétrole qui décidèrent en 1998 de réduire leur production, provoquant une hausse des tarifs pétroliers. Depuis lors, le pays est aux prises avec un grand nombre de travailleurs étrangers (les «expatriés»), qui dépasse le taux de croissance de l'économie. Les fonctionnaires omanais affirment que, pour la seule année 2000, quelque 67 000 nouveaux ouvriers sont arrivés à Oman, soit 34 % de plus que l'année précédente. Cette situation entraîne une remise en question de la politique d'immigration. Les étrangers, principalement du sous-continent indien, composent environ 25 % de la population du Sultanat.

En 2003, pour la première fois de son histoire, la Chambre basse du Conseil d'Oman fut librement élue. En 2024, le revenu par habitant atteignait 25 000$ US par année. Selon un rapport de l'ONU, les secteurs de la santé et de l'éducation ont nettement progressé : 85 % de la population, c'est-à-dire 5,4 millions d'habitants, est alphabétisée et instruite. L'ONU classe le sultanat parmi les dix pays ayant connu le plus fort développement depuis 1970. Aujourd'hui, le sultanat est plus prospère que jamais. La situation géographique du pays, soit entre Arabie Saoudite et Iran (qui tient le très stratégique détroit d'Ormuz) et sa religion ibadite, souvent considérée comme intermédiaire entre sunnisme et chiisme, permettent au Sultanat d'être en bons termes avec toutes les grandes puissances de la région, y compris Israël. Il peut se constituer comme un pivot diplomatique incontournable dans la géopolitique du Moyen-Orient.

4 La politique linguistique

La politique linguistique du sultanat d'Oman semble relativement simple: la non-intervention. Depuis des centaines d'années, l'arabe classique est la langue officielle du pays, bien que la quasi-totalité des habitants n'ait jamais parlé cette langue religieuse et strictement écrite. Néanmoins, en raison du grand nombre de variétés d'arabe dans le pays, l'arabe classique sert de langue véhiculaire entre les Omanais. L'article 3 de la Constitution du 11 janvier 2021 proclame que l'arabe est la langue officielle de l'État: «L'arabe est la langue officielle de l'État.» L'article 21 de la Constitution correspond au principe de la non-discrimination:

Article 3

La langue officielle de l'État est l'arabe.

Article 21

Tous les citoyens sont égaux devant la loi et jouissent des mêmes droits et devoirs publics, sans discrimination fondée sur le sexe, l'origine, la couleur,
la langue, la religion, l'appartenance religieuse, le domicile ou le statut social.

Les Arabes sanctifient leur langue depuis l’Antiquité; ils l’ont considérée comme un champ d’expression et d’éloquence, de poésie et de rhétorique, et à travers elle ils ont consigné leur histoire, leur littérature et leur pensée. La langue arabe a également atteint le plus haut degré de vénération chez la plupart des musulmans, car c’est la langue de la révélation, la langue de la prière, et la clé de la compréhension de la religion. C’est ce que le destin lui aurait obtenu! On l'aura deviné, c'est la langue du Saint Coran (arabe coranique) qui a cependant l'inconvénient de n'être parlée par personne comme langue maternelle. La langue que tout arabophone parle, l'arabe véhiculaire, généralement qualifié d'arabe dialectal, est omniprésent chez tous les arabophones. Jamais cette variété d'arabe n'apparaît dans quelque texte juridique que ce soit. On ne mentionne que l'arabe, alors qu'il s'agit dans la plupart des cas de l'arabe standard moderne (ASM).  

- La directive de 2025

Cela dit, le Centre de communication omanais a confirmé que le Conseil des ministres a émis, le 1er juin 2025, une directive («Document sur les normes linguistiques» -  وثيقة “ضوابط اللغة ) enjoignant un usage approprié de l’arabe dans tous les domaines, afin de préserver la langue comme pierre angulaire de l’identité nationale. la directive s’applique à toutes les unités de l’appareil administratif de l’État, aux entreprises publiques, aux entités juridiques publiques et privées, aux institutions civiles et aux associations. La directive exige que l’arabe précis soit employé pour nommer des domaines gouvernementaux, y compris les rues, les places et les parcs, avec des appellations en d’autres langues autorisées entre parenthèses si c'est nécessaire.

Cette directive impose également l’emploi du «bon arabe» ou de l'arabe «correct» dans les communications officielles telles que les réunions, les accords, les protocoles, les contrats, la réglementation et la publicité médiatique. Des traductions ou des interprétations simultanées peuvent être fournies dans l’intérêt public. De plus, la directive s’étend au domaine de l’éducation, couvrant à la fois les écoles publiques et privées ainsi que les établissements d’enseignement supérieur, sauf exemption contraire par les autorités compétentes. Finalement, l’arabe correct doit également être employé dans les rapports médicaux, les ordonnances, les certificats scolaires, les décisions d’équivalence de diplôme, ainsi que sur les documents officiels tels que les billets de banque, les timbres et les médailles. Néanmoins, l’usage d’autres langues est autorisé en plus de l’arabe lorsque cela est nécessaire.

1. تسمية المرافق الجديدة ذات الطابع الحكومي (الشوارع، الأحياء، الساحات، الحدائق، المنشآت...)، مع إمكانية كتابة الاسم بلغة أخرى بين قوسين بجانب اسم المشروع، والنظر في تعديل القائم منها بإدراج مصطلحات عربية.
2. جميع الأعمال الرسمية للوحدات الحكومية، بحيث تشمل الاجتماعات والمؤتمرات والفعاليات والمناقشات والاتفاقيات ومذكرات التفاهم والعقود والقرارات واللوائح والتعليمات والتعاميم والوثائق والمراسلات والتسميات والبرامج والمنشورات والإعلانات المرئية والمسموعة والمقروءة. ويجوز ارفاق ترجمة لأي منها بلغة أخرى أو توفير ترجمة فورية إذا اقتضت المصلحة العامة ذلك.
3. لغة التدريس في مؤسسات التعليم المدرسي والعالي الحكومية والخاصة، باستثناء ما تقرره الجهات المختصة- بحسب الأحوال- في هذا الخصوص
4. كتابة التقارير الطبية والمواعيد والوصفات العلاجية والشهادات العلمية وقرارات معادلة الشهادات الأجنبية والمسكوكات وأوراق النقد والطوابع والميداليات، ويجوز إضافة لغة أخرى إلى جانبها.
وحث مجلس الوزراء -وفقًا للتوجيه المتداول- مؤسسات القطاع الخاص ومنها شركات التأمين والمصارف وشركات الاتصالات وشركات تزويد الكهرباء والمياه وغيرها على استخدام اللغة العربية السليمة في التقارير التي تخاطب الجمهور
1. Dénomination des nouveaux équipements publics (rues, quartiers, places, parcs, bâtiments, etc.), avec la possibilité d’inclure le nom dans une autre langue entre parenthèses, et d’envisager la modification des noms existants par l’intégration de termes arabes.

2. Toutes les activités officielles des unités gouvernementales, y compris les réunions, conférences, événements, discussions, accords, protocoles d’entente, contrats, résolutions, règlements, instructions, circulaires, documents, correspondances, désignations, publications et annonces visuelles, audio et écrites. Une traduction dans une autre langue peut être fournie pour chacun de ces documents, ou une interprétation simultanée peut être prévue si l’intérêt public l’exige.

3. Langue d’enseignement dans les établissements scolaires et d’enseignement supérieur publics et privés, sauf décision contraire des autorités compétentes.

4. La rédaction des rapports médicaux, des actes de nomination, des ordonnances, des certificats universitaires, des décisions d'équivalence de diplômes étrangers, des pièces de monnaie, des billets de banque, des timbres et des médailles. Une autre langue peut être ajoutée.

Conformément à la directive diffusée, le Conseil des ministres a exhorté les institutions du secteur privé, notamment les compagnies d'assurance, les banques, les entreprises de télécommunications, les fournisseurs d'électricité et d'eau, et autres, à utiliser un arabe correct dans les communications destinées au public. Toutefois, une directive ministérielle n'a pas force de loi comme une loi adoptée par le Parlement, mais elle demeure contraignante.

4.1 La langue de la législation

C'est l'arabe standard moderne qui sert de langue dans la législation; c'est dans cette variété d'arabe que sont rédigées les lois et qu'elles sont promulguées. Les lois peuvent être discutées à la fois en arabe omanais et en arabe standard; il existe des lois qui sont traduites en anglais, mais elles ne constituent pas un document officiel.

La Chambre des représentants n'a jamais adopté de loi linguistique, notamment une loi destinée à promouvoir la langue arabe, bien que plusieurs lois mentionnent l'arabe comme langue officielle ou obligatoire. Parce que, ces dernières années, le gouvernement a constaté une augmentation de l’usage de termes et de noms superflus dans la dénomination de projets, d’installations et de construction, il estime ce n’est pas proportionné à l’esprit de la culture omanaise, ni au statut de la langue arabe, qui représente, depuis des siècles, la langue de l’État et de la société, la langue de l’éducation et de la législation, et même la langue de la religion et des valeurs.

Pour les autorités omanaises, la langue arabe n’est comme aucune autre langue : c’est la langue du Saint Coran, «la langue choisie par Dieu Tout-Puissant pour être le vecteur de Sa révélation et le moyen de Sa révélation à toute l’humanité».

4.2 La langue des tribunaux

Les tribunaux dans le sultanat d'Oman sont indépendants et leur autorité est exercée par divers types de tribunaux qui émettent des jugements en conformité avec les lois. La Constitution omanaise, modifiée en 2011, met l'accent sur la protection des droits et des obligations des citoyens, ainsi que sur l'indépendance des tribunaux. Le système judiciaire omanais est donc conçu pour garantir la justice et la protection des droits individuels, tout en respectant les principes de la Charia.

L'article 3 du Code de procédure pénale (1999) impose l'arabe dans la procédure:

Article 3

Toute la procédure prévue par la présente loi doit se dérouler en arabe. Les déclarations des parties et des témoins ne maîtrisant pas l'arabe doivent être entendues par un interprète après leur prestation de serment.

L'article 27 du Code de procédure civile et commerciale (2002) énonce la même directive:

Article 27

L’arabe est la langue de la procédure judiciaire. Aucun document ne sera recevable s’il n’est pas rédigé en arabe ou accompagné d’une traduction en arabe. Les documents en arabe feront foi. Le tribunal pourra entendre les déclarations des parties ou des témoins ne maîtrisant pas l’arabe par l’intermédiaire d’un interprète, après que ce dernier aura prêté serment.

Bien sûr, le texte ne précise pas de quel arabe il s'agit, mais en principe c'est l'arabe standard moderne. Toutefois, un justiciable qui ne s'exprimerait qu'en arabe omanais serait compris par tous les participants de la cour. Le juge est tenu de prononcer sa sentence en arabe officiel.

Dans la Loi régissant les cabinets de traduction juridique (2003), il est précisé qu'une personne physique ou morale doit maîtriser parfaitement l'arabe à l'oral et à l'écrit pour ouvrir un cabinet de traduction juridique:

Article 2

Les personnes physiques ou morales peuvent ouvrir des cabinets de traduction juridique,
de l'arabe vers d'autres langues étrangères ou inversement.

Article 10

Toute personne autorisée à ouvrir un cabinet de traduction juridique, ainsi que toute personne y exerçant des activités de traduction juridique, doit remplir les conditions suivantes :

1. Être de nationalité omanaise.
2. Être âgé d'au moins vingt-et-un ans.
3. Avoir la capacité juridique.
4. Jouir d'une bonne moralité et d'une bonne réputation.
5.
Maîtriser parfaitement l'arabe à l'oral et à l'écrit.
6. Être titulaire d'un diplôme d'études supérieures délivré par une université ou un établissement d'enseignement supérieur reconnu, où la langue d'enseignement est la langue source ou cible,
ou avoir une spécialisation portant sur cette langue.

Article 11

Les agences de traduction juridique étrangères ne peuvent exercer leurs activités de traduction juridique dans le Sultanat qu'en partenariat avec un partenaire omanais, sous réserve des conditions suivantes :

1. Le partenaire omanais doit être titulaire d'une licence pour exercer la profession.

2. L'agence étrangère doit justifier d'
une expérience de traduction vers et depuis l'arabe pendant au moins dix ans sans interruption et fournir un certificat authentifié par les autorités compétentes à cet effet.

3. Le partenariat doit prendre la forme d'une société constituée et immatriculée conformément à la législation omanaise.

Bref, l'arabe standard moderne est la langue de toute procédure judiciaire, mais l'arabe omanais est aussi en pratique employé, de même qu'une langue étrangère avec l'assistance d'un interprète.   

4.3 La langue de l'administration

L'arabe est aussi la langue de l'administration omanaise. Les documents écrits ne sont diffusés qu'en arabe standard moderne et les fonctionnaires sont tenus de connaître cette langue. Cependant, étant donné que 40% des citoyens s'expriment tous les jours en arabe omanais, c'est cet arabe qui est employé oralement.

L'article 2 de la Loi sur l'enfant (2014) interdit la discrimination en fonction de la langue

Article 2

La présente loi garantit à l'enfant, notamment les droits suivants :

a) Le droit à la vie, à la survie et au développement.

b) Le droit à la non-discrimination fondée sur la couleur, le sexe, l'origine,
la langue, la religion, le statut social ou tout autre motif.

c) Le droit à ce que son intérêt supérieur soit prioritaire dans toutes les décisions et actions le concernant, que ce soit par les services administratifs de l'État, les autorités judiciaires ou les organismes chargés de sa protection.

d) Le droit de participer, d'exprimer son opinion et de s'exprimer librement dans un cadre compatible avec les droits d'autrui, l'ordre public, les bonnes mœurs et la sécurité nationale, et de bénéficier de la pleine possibilité d'exprimer ses opinions.

Pour obtenir la citoyenneté omanaise, selon la Loi sur la nationalité omanaise (2025), il faut «maîtriser la lecture et l'écriture de l'arabe» (art. 17 et 18), mais les art. 19, 20 et 21 mentionnent qu'il faut «maîtriser l’arabe parlé»:  

Article 17

Tout étranger peut demander la nationalité omanaise s'il remplit les conditions suivantes :

1. Sa demande doit être précédée d'une résidence légale et continue dans le sultanat d'Oman pendant une période d'au moins 15 ans. Une absence d'une durée maximale de 90 jours au cours d'une même année n'invalide pas la résidence continue.

2.
Il doit maîtriser la lecture et l'écriture de l'arabe.

Article 18

Tout étranger marié à une Omanaise peut demander la nationalité omanaise s'il remplit les conditions suivantes :

1. Il doit être marié à une Omanaise et avoir résidé avec elle dans le sultanat d'Oman pendant une période légale et continue d'au moins 10 ans. Une absence d'une durée maximale de 90 jours au cours d'une même année n'invalide pas la résidence continue.

2. Il doit avoir un enfant avec son épouse omanaise.

3.
Il doit maîtriser la lecture et l'écriture de l'arabe.

Article 19

Toute femme étrangère mariée à un Omanais peut demander la nationalité omanaise si les conditions suivantes sont remplies :

1. Elle doit avoir résidé légalement et sans interruption avec son époux omanais dans le sultanat d’Oman pendant une période d’au moins 8 ans. Une absence d’une durée maximale de 90 jours au cours d’une même année n’invalide pas la résidence continue.

2. Elle doit avoir un enfant avec son époux omanais.

3.
Elle doit maîtriser l’arabe parlé.

Article 20

Toute femme étrangère devenue veuve d’un Omanais peut demander la nationalité omanaise si les conditions suivantes sont remplies :

1. Elle doit avoir résidé légalement et sans interruption dans le sultanat d’Oman pendant une période d’au moins 6 ans. Une absence d’une durée maximale de 90 jours au cours d’une même année n’invalide pas la résidence continue.

2. Elle doit avoir un enfant avec son époux omanais.

3. Elle ne doit pas être mariée à un étranger.

4. Elle doit maîtriser l'arabe parlé.

Article 21

Toute femme étrangère divorcée d'un Omanais peut demander la nationalité omanaise si les conditions suivantes sont remplies :

1. Elle doit avoir été légalement et sans interruption mariée à l'Omanais et avoir résidé avec lui dans le sultanat d'Oman pendant une période d'au moins 8 ans avant le divorce. Des absences n'excédant pas 90 jours au cours d'une même année ne remettent pas en cause la résidence continue.

2. Elle doit avoir un enfant avec son époux omanais.

3. Elle ne doit pas être mariée à un étranger.

4.
Elle doit maîtriser l'arabe parlé.

L'expression «arabe parlé» est une traduction de [العربية تحدثا ou alearabiat tahadatha]; elle désigne l'une des variétés vernaculaires de l'arabe employée au quotidien, par opposition à l'arabe formel (''fusha). Dans le cas présent, il s'agit de l'arabe omanais, ce qui est très rare pour un texte juridique.

Pour sa part, la Loi sur la protection du consommateur (2014) obliger les fournisseurs  de biens et de services à fournir des factures en arabe, ainsi qu'à d'autres langues, mais l'arabe est obligatoire:
 

Article 15

Le consommateur a
le droit de recevoir une facture en arabe attestant de son achat de biens ou de la prestation de services.

La facture doit comporter les informations essentielles relatives aux biens ou services, ainsi que toute autre information prévue par la réglementation.

Article 19

Le fournisseur et l'annonceur sont tenus de fournir au consommateur des informations exactes sur les biens ou services.

Le fournisseur doit, dans tous les cas,
indiquer clairement en arabe, sur les biens :

- les informations relatives au prix, au poids, aux dates de production et de péremption, à la dénomination du produit et à sa composition,
- au pays d'origine, au numéro de spécification et aux autres données prévues par la réglementation.

Ces informations peuvent être rédigées dans une autre langue que l'arabe.

La réglementation précise les biens sur lesquels ces données ne doivent pas figurer.

Article 24

Le fournisseur est tenu de fournir au consommateur
une facture ou un document rédigé en arabe, de manière claire et lisible, attestant de l'achat des biens ou de la prestation du service. La facture doit comporter les informations essentielles relatives aux biens ou services, conformément à la réglementation.

Ces informations peuvent être rédigées
dans une ou plusieurs autres langues, en plus de l'arabe.

La garantie peut figurer sur la facture d'achat ou dans un document séparé.

Article 44

En cas de condamnation, le tribunal peut ordonner la publication d'un résumé du jugement dans deux quotidiens à grand tirage,
dont l'un doit être de langue arabe, aux frais du condamné.

L'une des rares autres lois à mentionner la langue arabe est la Loi sur le travail (2023), qui prévoit qu'un contrat de travail doit être rédigé par écrit et formulé en arabe en deux exemplaires; une autre langue est possible en plus de l'arabe:

Article 7

L’arabe est la langue officielle des règlements, des décisions et des circulaires émis par l’employeur à l’intention de ses employés.

Si l’employeur emploie
une langue étrangère en plus de l’arabe dans l’un des cas susmentionnés, seul le texte arabe fait foi.

Article 12

La rupture d’un contrat de travail par l’employeur est considérée comme un licenciement abusif si elle est fondée sur l’un des motifs suivants :

1. Le sexe, l’origine, la couleur, la langue, la religion, les convictions, la situation sociale ou le handicap, la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement (dans le cas d’une employée.
2.   L'appartenance du salarié à un syndicat ou sa participation légitime à ses activités, ou sa représentation syndicale, conformément aux lois, règlements et décisions en vigueur.

Article 33

Le contrat de travail doit être présenté par écrit en arabe, en deux exemplaires, un pour chaque partie. Il peut toutefois être rédigé dans une autre langue, à condition qu’un exemplaire en arabe, signé par les deux parties, y soit joint. En l'absence de contrat de travail écrit, le salarié peut faire valoir ses droits par tout moyen de preuve. Le contrat doit être homologué par les autorités compétentes.

Article 114

La convention collective régit les conditions de travail au sein de l’établissement ou du secteur.
Elle doit être rédigée en arabe, signée par les représentants des deux parties et certifiée par le Ministère ; à défaut, elle est nulle et non avenue.

En outre, toute clause de la convention collective qui contrevient aux dispositions de la présente loi et aux règlements et décisions pris en application de celle-ci est nulle et non avenue, sauf si elle est plus favorable au salarié.

Finalement, l'article 6 de la Loi sur le droit d'auteur et les droits afférents (2008) ne traite que de la traduction d'une œuvre:

Article 6

L'auteur ou son ayant droit jouit des droits financiers exclusifs suivants :

a. La reproduction de l'œuvre.

b.
La traduction de l'œuvre dans une autre langue, son adaptation, son arrangement musical ou sa transformation sous une autre forme.

c. Cession de l'original ou des copies de l'œuvre au public par vente ou tout autre transfert de propriété.

 

Pour conclure sur cet aspect, on peut affirmer que l'arabe omanais sert de langue véhiculaire ainsi que l'anglais, mais l'arabe standard moderne est la langue écrite des documents administratifs, souvent à côté de l'anglais qui n'est pas une langue officielle.  

4.4 L'éducation

Le système d'éducation omanais constitue un élément clé du développement et de la prospérité du pays. Il a connu des transformations radicales depuis le début des réformes au cours des années 1970, avec la création d'un vaste réseau d'écoles accessible à tous les citoyens. L'éducation est composée de plusieurs étapes, ce qui inclut l'éducation de base (primaire et secondaire) et l'enseignement supérieur. Le ministère de l'Éducation est responsable de l'enseignement général, tandis que le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation supervise les établissements d'enseignement supérieur. L'éducation gratuite a été adoptée dans les écoles publiques, tandis que des options d'enseignement privé sont disponibles au moyen d'établissements nationaux et internationaux. Les matières de langue arabe, d'études islamiques et d'histoire nationale font partie intégrante des programmes omanais, ce qui a pour objectif de renforcer l'identité nationale et inculquer les valeurs authentiques omanaises aux jeunes.

- L'enseignement fondamental

L'unique langue d'enseignement de base est l'arabe (standard moderne), et ce, du primaire jusqu'à la fin du secondaire. Tous les établissements d'enseignement publics doivent introduire des cours d'anglais langue seconde à partir de la première année du primaire. Le programme d'études du cycle primaire englobe les disciplines suivantes: les études islamiques, la langue arabe, les mathématiques, les sciences générales, les études sociales, l'anglais langue seconde, la culture physique, la musique et les beaux arts.

Région Arabe
Muscat

55,4 %

Batinah-Nord

53,8 %

Batinah-Sud

52,7 %

Al Dakhiliya

58,3 %

Sharqiya-Nord

51,0 %

Sharqiya-Sud

58,6 %

Al Dhahirah

62,0 %

Dhofar

63,5 %

Al Wusta

47,0 %

Musandam

60,7 %

L'article 6 de la Loi sur l'instruction scolaire (2023) impose l'arabe dans l'enseignement, mais le gouvernement peut approuver recourir à d'autres langues:
 

Article 6

L'arabe est la langue officielle de l'enseignement dans tous les établissements scolaires. Le Ministère peut approuver l'enseignement de certaines matières dans d'autres langues, et il peut également approuver l'enseignement dans d'autres langues.

Article 42

Les élèves ont tous un droit égal à l’éducation et aucune discrimination ne peut être tolérée à leur égard, notamment fondée sur le sexe, l’origine, la couleur de peau, la langue, la religion, l’appartenance à une secte, le domicile, la situation sociale ou tout autre motif.

En général, la note de passage est de 50 % dans les différentes disciplines. Le tableau ci-dessus indique la moyenne des élèves omanais en arabe, selon les régions. Il existe aussi des écoles privées où la langue d'enseignement peut être l'arabe ou l'anglais. Depuis peu, le ministère omanais de l’Éducation fournit un guide pédagogique complet pour la langue arabe pour la première année fondamentale. Ce guide s’inscrit dans le cadre de l’engagement du Ministère pour permettre aux enseignants d’exercer efficacement leur rôle et d’améliorer la qualité de l’enseignement dès les premières étapes.

Le ministre de l’Éducation, conformément au décret promulguant la loi, est tenu de publier le règlement de la Loi sur l'instruction scolaire ainsi que les règlements et décisions nécessaires à sa mise en œuvre. La loi affirme aussi que la langue arabe est la langue officielle d’enseignement dans toutes les écoles, et que le Ministère peut approuver l’enseignement de certaines matières dans d’autres langues; la loi confirme également que les jours effectifs d’études ne doivent pas être inférieurs à 180 jours, et la décision autorise la création d’écoles ou de centres spécialisés en sciences, dans arts ou de tout autre domaine.

La loi autorise l’admission de non-Omanais dans les écoles publiques, tandis que les élèves omanais peuvent être admis dans des écoles de communautés étrangères, ainsi que le droit de l’élève à participer à la formation de conseils étudiants sur des questions et sujets qui les intéressaient par divers moyens.

- L'enseignement supérieur

La Loi sur l'enseignement supérieur de 2023 désigne l'arabe comme langue officielle des établissements d'enseignement supérieur et, avec l'approbation du Ministère, l'enseignement dans d'autres langues est autorisé. Ces établissements jouissent également de la liberté de pensée, de recherche scientifique et d'innovation, conformément aux lois et règlements en vigueur.

Article 4

L'arabe est la langue officielle dans les établissements d'enseignement supérieur, et ceux-ci peuvent après l'approbation du Ministère enseigner dans d'autres langues.

L'Université sultane de Qaboos, située à Khoudh Al (environ à 50 km à l'ouest de Muscat), compte environ 12 000 étudiants dans les facultés de médecine, d'ingénierie, de science, d'agriculture, des arts, du commerce, d'économie et des sciences islamiques. Le gouvernement a accordé des permis à des universités américaines et britanniques pour élaborer des programmes universitaires à Oman, dont la British School et l'American British Academy. C'est pourquoi l'acquisition d'une bonne connaissance de la langue anglaise est nécessaire, surtout dans les cours de science, car de nombreux cours ne sont disponibles qu'en cette langue.

4.5 Les médias

La plupart des médias ne sont disponibles qu'en arabe et en anglais. Ainsi, les grands journaux du pays tels que Al Watan, Al-Aqida et Oman Daily ne paraissent qu'en arabe, mais d'autres sont en anglais (MiddleXpress, Oman Daily Observer, Times of Oman et The Week). Par contre, la radio (Radio Sultanat d'Oman) et la télévision (Television Sultanat d'Oman) sont davantage diffusées en arabe, même en arabe omanais. Selon des sources gouvernementales, environ 30 % des émissions de télévision sont achetées des sociétés de production internationales; beaucoup d'entre elles proviennent d'Europe et des États-Unis. En général, ces émissions sont doublées en arabe classique ou portent des sous-titres arabes. Les radios et télévisions étrangères captées à Oman sont normalement produites en arabe.

L'article 57 de la Loi sur la presse et les publications (1984) oblige les médias à publier des rectificatifs en arabe, mais également dans une autre langue:

Article 57

La publication d'un rectificatif peut être refusée dans les cas suivants :

a) Si le rectificatif parvient au journal après 14 jours et que la partie demandant le droit de réponse réside dans le sultanat, ou 60 jours si elle réside hors du sultanat. Ceci s'applique aux quotidiens. Le délai est d'un mois pour les personnes résidant dans le sultanat et de 60 jours pour celles résidant hors du sultanat, dans le cas des journaux autres que quotidiens et des magazines.

b) Si le journal a déjà rectifié les mêmes faits ou déclarations contenus dans l'article faisant l'objet de la rectification.

c) Si le rectificatif est rédigé
dans une autre langue que celle dans laquelle l'article ou le dépêche a été rédigé.

La Loi sur les médias (2024) reprend les dispositions concernant les rectificatifs:

Article 11

Le Ministère ne peut accorder de licence pour aucune activité médiatique fondée sur une discrimination religieuse, sectaire, ethnique ou de classe, ou sur une discrimination fondée sur le sexe, l’origine,
la langue, la nationalité ou tout autre motif discriminatoire, ou sur l’incitation à la pornographie, à la haine ou à la violence, ou encore sur la promotion d’activités contraires aux principes et valeurs fondateurs de la société omanaise.

Article 35

La réponse ou la rectification doit être publiée ou diffusée au même endroit,
dans la même langue et selon le même format ou créneau horaire afin d’atteindre son objectif, sans toutefois dépasser les limites fixées. Dans le cas contraire, le titulaire de la licence est en droit de facturer à la partie requérante la réponse ou la rectification, avant publication ou diffusion, le montant excédentaire calculé sur la base des tarifs publicitaires en vigueur.

Article 36

Le titulaire de licence peut s'abstenir de publier ou de diffuser une réponse ou une rectification dans les cas suivants :

1. Si la demande de réponse ou de rectification parvient au titulaire de licence après l'expiration des délais prévus aux articles 32 et 34 de la présente loi, ou si elle est formulée dans une autre langue que celle employée pour la publication ou la diffusion de l'information faisant l'objet de la demande.

2. Si le titulaire de licence a déjà rectifié l'information faisant l'objet de la demande de réponse ou de rectification conformément à l'article 37 de la présente loi.

3. Si la demande de réponse ou de rectification n'est pas signée par la partie concernée.

Dans tous les cas, le titulaire de licence doit s'abstenir de publier ou de diffuser une réponse ou une rectification si cela constitue une infraction pénale ou si cela porte atteinte à l'ordre public ou aux bonnes mœurs.

Article 37

Si une décision de justice définitive, rendue après la publication ou la diffusion d'une réponse ou d'un rectificatif, constate la violation de l'article 4 de la présente loi et la conformité du contenu publié ou diffusé, le titulaire de la licence est en droit de réclamer à la partie contre laquelle la décision a été rendue les frais de publication ou de diffusion, calculés selon les tarifs publicitaires en vigueur, ainsi que des dommages-intérêts pour tout préjudice subi.

Cette décision doit être publiée dans le même journal, dans la même langue et au même format, ou
diffusée dans la même langue et à la même heure sur le même support médiatique, aux frais de la partie contre laquelle la décision a été rendue, conformément aux tarifs publicitaires en vigueur.

Un rectificatif dans les médias du sultanat d'Oman est un acte ou un texte qui sert à corriger une information inexacte, ce qui peut inclure des lettres rectificatives adressées par le gouvernement au Parlement pour modifier des dispositions de loi, des mentions publiées au Journal officiel pour corriger des erreurs typographiques, ou des textes rétablissant la vérité après une information erronée. Dans le contexte des médias, un rectificatif est essentiel pour maintenir l'exactitude et la transparence des informations diffusées.

Le sultanat d'Oman pratique une politique de valorisation de l'arabe moderne standard aux dépens des langues locales pour lesquelles il s'agit en fait d'une politique de non-intervention. Plus d'une vingtaine de langues, dont plusieurs sont autochtones, sont réparties dans différentes régions du pays (voir tableau 2). Ces langues autochtones et leurs discours sont considérés comme « périphériques » et font l'objet d'une perception différente. La «valeur sociale» de ces langues repose sur le nombre des locuteurs, leur âge et la vitalité de la transmission intergénérationnelle aux jeunes générations, facteurs auxquels il faut ajouter l'attrait social, économique et scolaire de l'arabe officiel, ainsi que la décision des locuteurs de ces langues de délaisser leurs langues d'origine respectives au profit de l'arabe standard, ce qui met forcément en péril ces langues. Ce phénomène est attribué à l'attitude des parents quant à l'usage et à la valeur de leur langue ethnique par rapport à l'arabe; de nombreux parents choisissent délibérément de ne pas transmettre la langue de leur groupe ethnique à leurs enfants afin que ces derniers s'approprient l'identité arabe plutôt que l'identité de leur groupe ethnique. 

Dans ces conditions, il n'est pas surprenant de constater que certaines minorités, tant ethniques que religieuses, affirment souffrir de discrimination en raison de leur appartenance ethnique, linguistique ou religieuse, surtout dans les domaines du travail et dans le secteur public. Seuls quelques établissements publics favorisent l'emploi en petit nombre de membres appartenant à des minorités. Dans la pratique, l'arabe standard et l'anglais restent des langues véhiculaires entre les ethnies du pays.

En dépit des efforts des autorités de promouvoir l'arabe, le fait d'admettre la concurrence de l'anglais affaiblit toute politique linguistique destinée à favoriser l'arabe, un arabe que personne n'utilise comme langue maternelle. Si l'arabe standard moderne a pour effet de dévaloriser les autres langues autochtones, l'anglais limite les prérogatives de l'arabe en lui livrant une forte concurrence.

Dernière mise à jour: 31 mars 2026

Bibliographie

DUMORTIER, Brigite et Marc LAVERGNE. L'Oman contemporain: État - Territoire - Identité, Paris, Karthala, 2002, 300 p.
 
GHUBASH, Hussein. Oman: Une démocratie islamique millénaire : la tradition de l'imâma : l'histoire politique moderne (1500-1970), Paris, Éditions Maisonneuve et Larose, 1998, 343 p.

JONES, Jeremy et Nicholas RIDOUT. A History of Modern Oman, Cambridge, Cambridge University Press, 2015, 291 p.

SULTANAT D'OMAN. EFA: Year 2000 Assessment Report, Muscat, Ministry of Education / UNICEF, 1999.

 

Carte Asie
L'Asie

Accueil: aménagement linguistique dans le monde