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République arabe sahraouie démocratique |
Pour le Sahara marocain, cliquer ici s.v.p.
| Capitale (sous contrôle du Front Polisario) : Bir Lahlou Capitale (sous contrôle marocain) : Laâyoune Population: env. 35 000 Langue officielle: arabe standard moderne Groupe majoritaire: arabe hassanya Groupes minoritaires: arabe marocain Langue coloniale: espagnol Système politique: territoire non autonome Articles constitutionnels (langue): art. 2, 3, 6 et 25 de la Constitution de la RASD (2003). Lois linguistiques : sans objet Lois scolaires: sans objet Lois à portée linguistique: sans objet |
| Le Sahara occidental (Sahara occidental en espagnol; Western Sahara en anglais) est un territoire de 266 000 km² du nord-ouest de l'Afrique: Maroc: 446 550 km²; Mauritanie: 1,0 million km²; Algérie: 2,3 millions km²). Ce territoire, qui fait partie du Maghreb, est bordé par le Maroc au nord, l'Algérie au nord-est, la Mauritanie à l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'Atlantique. Le Sahara occidental est situé à 50 km des îles Canaries. Selon l'ONU, c'est un «territoire non autonome» puisque cette ancienne colonie espagnole n'a pas encore obtenu un statut définitif au plan juridique depuis le départ des Espagnols en 1975. Le territoire du Sahara occidental est revendiqué à la fois par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par le Front Polisario : "Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro", c'est-à-dire «Front pour la libération de la Saguett el-Hamra et du Rio de Oro», du nom des deux régions constitutives de l'ex-Sahara espagnol. |
Le Front Polisario est un mouvement politique armé du Sahara occidental, créé en 1973 pour lutter contre l'occupation espagnole; son objectif est l'indépendance totale du Sahara occidental, une revendication soutenue par l'Algérie. Dans les faits, le Maroc contrôle et administre environ 80 % du territoire du Sahara occidental, ainsi que toutes ses villes et ses centres urbains; le gouvernement marocain considère le territoire comme une partie historiquement inséparable de son pays; on pourrait parler du Sahara marocain.
1.1 Le gouvernement du Front Polisario
La République arabe sahraouie démocratique (RASD) possède un gouvernement en exil en Algérie, le Front Polisario. La RASD est membre de l'Union africaine, mais elle n'est pas membre de l'ONU ni de la Ligue arabe. Sa reconnaissance par d'autres pays paraît complexe, car certains pays l'ayant reconnu ont par la suite retiré cette reconnaissance, alors que d'autres soutiennent son droit à l'autodétermination sans reconnaître le Front Polisario. La République sahraouie entretient des relations diplomatiques avec 38 pays, dont la plupart sont reconnus par des pays africains et le reste par des pays communistes, et bénéficie d’une adhésion complète à l’Union africaine.
Le rôle du Front Polisario est d'exercer l'essentiel du pouvoir politique et militaire. En pratique, le système fonctionne comme un mouvement de libération nationale au pouvoir, ce qui limite l'alternance politique réelle avec une grande partie de la population sahraouie qui vit dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, sous administration largement relayée par le Polisario, dans des conditions d'urgence humanitaire et géopolitique permanentes. Le gouvernement a suspendu plusieurs dispositions constitutionnelles et démocratiques dans l'attente d'une indépendance totale et effective sur l'ensemble du territoire revendiqué, ce qui diminue la portée du terme «démocratique» dans l'appellation. Bien que la République arabe sahraouie démocratique possède une constitution inspirée des modèles démocratiques, son fonctionnement réel est fortement limité par son statut d'État proclamé en exil et par le conflit du Sahara occidental. Adoptée en 1999, la constitution de la RASD définit le pays comme une république démocratique, ce qu'elle n'est pas vraiment dans les faits.
Le Conseil national sahraoui (en espagnol: Consejo Nacional Saharui ; en anglais: Sahrawi National Council) constitue la législature, c'est-à-dire le Parlement du gouvernement en exil en Algérie. Il compte 53 sièges, élu au Congrès général populaire par des délégués des camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, ainsi que par des représentants du Front Polisario et les organisations populaires. Le Conseil tient généralement ses assemblées dans la zone libre du Sahara occidental et, à l'occasion, à Tindouf.
Le gouvernement de la RASD ne contrôle que 20 % du Sahara occidental depuis Bir Lahlou, mais surtout depuis la petite ville algérienne de Tindouf. Cette administration ne peut s'exercer qu'à l'est du «mur de défense marocain» et dans un petit nombre de villes: Bir Lahlou, Tifariti, Mijek, Agwarit, Dougarj, et quelques autres. Dans son intégralité, le gouvernement de la RASD a eu du mal à s’établir en tant que système gouvernement efficace. La RASD est reconnue par l’Union africaine et l’Algérie, le pays le plus puissant d’Afrique du Nord. Dans l'État actuel des choses, la République arabe sahraouie démocratique demeure néanmoins un État à reconnaissance limitée. Les États qui ne reconnaissent pas la RASD peuvent reconnaître le Front Polisario comme le représentant légitime du peuple sahraoui, mais pas son gouvernement en exil en tant qu’État, ce qui est le cas de la plupart des pays européens.
1.2 Un problème de statut
La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est un État partiellement reconnu dont le statut fait l'objet d'un profond désaccord international.
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La ville de Laâyoune est la capitale proclamée du «Sahara marocain». Le gouvernement du Maroc a créé deux régions: le Laâyoune-Sakia El Hamra (n° 11) et le Dakhla-Oued Ed-Dahab (n° 12). Sous contrôle du Front Polisario, dans le territoire désertique à l'est du «Sahara marocain», c'est Bir Lahlou qui sert de capitale (provisoire). Depuis la fin de l'année 1975, la ville de Tindouf en Algérie accueille des réfugiés du Sahara occidental dans des camps, en attendant le règlement du conflit avec le Maroc. En fait, Tindouf sert de siège (provisoire) pour les institutions du Front Polisario.
Puisque le Sahara occidental est un territoire non autonome dont la décolonisation n'est pas terminée, l'ONU ne reconnaît ni la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ni la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Cependant, pour l'Union africaine (UA), la RASD est un État africain et elle est membre à part entière de cette organisation depuis 1982, même si les deux tiers des États membres de l’UA ne reconnaissent pas cette entité. Le Sahara occidental partage des frontières avec l’Algérie sur 42 km, avec la Mauritanie sur 1561 km et avec le Maroc sur 443 km. Les zones de contrôle du Maroc et du Polisario sont séparées par un mur de sable («mur de défense» ou «mur marocain» ou «mur de la Honte») de 2700 km de longueur. Plus de quarante ans après la proclamation de son indépendance, cette ancienne colonie espagnole n’a pas encore trouvé de statut définitif au plan juridique. |
Il y a quatre façons de présenter le Sahara occidental:
Selon Wikipédia qui adopte la position de l'ONU, le Maroc et le Sahara occidental sont présentés séparément en [1].Le Sahara occidental peut être présenté comme un territoire contesté avec les pointillés en [2]. Le Sahara occidental est montré séparément, avec une couleur différente pour les zones contrôlées par la République arabe sahraouie démocratique et la même couleur que le Maroc pour les zones contrôlées par celui-ci en [3]. Enfin, si l'on adopte la position marocaine (comme le font les États-Unis ou la France), le Sahara occidental fait partie du Maroc en [4].
De son côté, l’ONU condamne l'annexion du Sahara occidental par le Maroc et ne reconnaît pas la légitimité de la prise de contrôle de la majorité du territoire, mais elle ne reconnaît pas davantage la légitimité de la proclamation de la RASD en 1976 par le Front Polisario. Il faut donc distinguer le Front Polisario comme le mouvement politique et armé, tandis que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est l'État proclamé en exil à Tindouf (Algérie) par ce même mouvement. Enfin, répétons-le, pour l'ONU, c'est un «territoire non autonome» puisque cette ancienne colonie espagnole n'a pas encore obtenu un statut définitif au plan juridique depuis le départ des Espagnols en 1975. La principale source de revenus de la RASD est l’aide internationale fournie par des organisations telles que le HCR (Agence des Nations unies pour les réfugiés) ou le Programme alimentaire mondial, ainsi que l’Union européenne.
2 Données démolinguistiques
Étant donné qu'aucune statistique de population n'est disponible pour les localités sous contrôle du Polisario, il est difficile d'en préciser le nombre des habitants, mais la population totale de ce territoire est estimée à quelque 35 000 personnes, essentiellement nomades. Quant à la petite localité de Lagouira à l'extrémité sud (l'ancienne ''La Gouéra'' française), elle est devenue une banlieue de bidonvilles de la ville mauritanienne voisine de Nouadhibou (à l'époque coloniale française: Port-Étienne), qui tolère que le Polisario y entretienne un camp militaire. Cette petite zone marécageuse est la seule partie du Sahara occidental que le Maroc ne revendique pas.
2.1 La population sahraouie
Les Sahraouis, qui n'ont pas émigré en Europe, principalement vers l’Espagne, ont quitté leur village natal pour les camps de réfugiés à Tindouf, en Algérie. Le Front Polisario affirme que la population des camps de Tindouf est d'environ 155 000 personnes, mais ce nombre pourrait inclure des milliers d'Arabes et de Touaregs des pays voisins, surtout de la Mauritanie. Étant donné que les organisations internationales n’ont pu mener de recensement indépendant à Tindouf, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés base son aide sur un nombre de quelque 90 000 réfugiés. Quoi qu'il en soit, aucun recensement officiel n’a été effectué depuis la création des camps en 1975, malgré les appels répétés du Conseil de sécurité de l’ONU.
- Un état de vie précaire
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Dans la bande désertique que contrôle le Front Polisario, les 35 000 Sahraouis nomades vivotent dans le plus grand dénuement avec de l'aide alimentaire fournie essentiellement par l'Algérie. Chaque famille sahraouie vit dans le territoire avec le strict minimum, sans eau, ni électricité, ni médicaments, dans l'attente d'une solution politique qui lui permettrait de retourner chez elle, de l'autre côté du mur que le Maroc a érigé sur 2700 km. Enfin, le prolongement du conflit favorise la radicalisation de la classe politique sahraouie, ce qui a pour effet d'exacerber les tensions et d'inciter le recours à la violence. En Algérie, Tindouf est une municipalité de la wilaya de Tindouf, dont elle est le chef-lieu et située à 1460 km au sud-ouest d'Alger. En 2008, sa population était estimée à environ 46 000 habitants, mais il faut y ajouter plus de 90 000 réfugiés sahraouis qui sont répartis dans cinq camps situés non loin de Tindouf. Les Sahraouis y vivent dans des conditions austères, ce qui les rend extrêmement vulnérables. Il n'y a pas d'électricité, sauf quelques heures par jour, pas de toilettes et très peu de produits ou de nourriture disponibles sur le marché; c'est pourquoi les réfugiés vivent exclusivement de l'aide humanitaire. Non seulement il faut leur fournir de l'aide alimentaire, mais aussi leur construire des habitations, des écoles et des centres de santé grâce au soutien de l'UNICEF soutenu par un appui financier de l'Union européenne et du gouvernement espagnol. Sans la logistique algérienne (matériel militaire important et colonnes de soldats algériens), le Front Polisario n'existerait plus et surtout, ne pourrait résister à l'armée marocaine. |
2.2 Les langues
Dans le Sahara occidental contrôlé par le Front Polisario, trois langues dominent le paysage: l'arabe standard, la langue officielle; l'arabe hassanya, la langue des Saharouis; l'espagnol, la langue de l'ancienne puissance coloniale, l'Espagne.
- L'arabe officiel
Il s'agit de l'arabe standard moderne, qui sert de fondement à l'identité politique et culturelle du peuple sahraoui. La Constitution de la RASD et les orientations du Front Polisario établissent l'arabe comme la langue officielle unique du pays. L'usage de cet arabe affirme l'appartenance de la communauté sahraouie à la nation arabe et au monde arabo-musulman. Il est privilégié pour les textes officiels, les lois, les discours politiques et l'enseignement dans les camps de réfugiés.
- L'arabe hassanya
C'est la langue parlée par la grande majorité des Sahraouis dans la vie de tous les jours. Bien qu'il domine la vie de tous les jours, l'arabe standard reste la référence officielle, tandis que l'arabe hassanya fonctionne principalement comme un patrimoine vernaculaire et oral. En fait, c'est la langue qui véhicule l'histoire, les traditions, la poésie orale et la musique traditionnelle.
- La langue espagnole
Pour les Sahraouis, l’espagnol n'est pas une langue étrangère comme le français. L'espagnol fait encore partie de leur identité de peuple afro-arabe. Il s'agit pour eux d'un héritage qui les différencie des autres pays du Maghreb, lesquels sont plus familiers avec le français. Contrairement aux Marocains, les Sahraouis sont plus près des peuples et des traditions de l'Amérique latine. L'Espagne ne compte plus d'habitants permanents dans la RASD, mais des délégations de solidarité, des associations de soutien au peuple sahraoui et des convois humanitaires venus d'Espagne visitent fréquemment les camps de réfugiés.
La population dite «hispanophone» langue seconde parle un espagnol saharien, mais leur langue maternelle reste l'arabe hassanya. On 1. ceux qui ont grandi dans le Sahara espagnol, dont beaucoup d’étudiants à cette époque;
2. ceux qui ont étudié dans des pays hispanophones, en particulier à Cuba ou en Espagne;
3. ceux qui ont participé au programme "Vacaciones en Paz" («Vacances en paix»), c'est-à-dire les enfants qui ont fait des séjours en Espagne pour apprendre l'espagnol.
L'espagnol au Sahara occidental sous le contrôle du Front Polisario est devenu une «langue de résistance» face à l'imposition du français dans lequel le Maroc les entraîne. Cette politique marocaine à l'égard du français a pour but de faire disparaître les traces d'une société arabo-hispanique, telles qu'étaient les Sahraouis en 1976. Malgré les décennies d'exil, même dans les camps de réfugiés d'Algérie, la langue espagnole a survécu. L’Institut Cervantes estime qu’environ 20 000 Sahraouis possèdent des compétences limitées en espagnol.
Bahia Mahmud Awah, écrivain, poète et journaliste sahraoui, l'un des membres fondateurs du groupe d'écrivains connu sous le nom de Generación de la Amistad Saharaui («Génération de l'amitié sahraouie», explique ainsi comment les Sahraouis considèrent l'espagnol:
| Nosotros los saharauis nunca hemos considerado el español como una lengua colonial de imposición, como sucedió en otras partes de nuestro continente africano, como Senegal, por citar un ejemplo. El español convivió con nuestra lengua hasania durante un siglo y dejó raíces de su presencia tanto cultural como literaria. Fue una coexistencia lingüística y cultural que, tras el abandono vergonzoso y de traición de la metrópoli, hemos considerado un patrimonio lingüístico y un factor más de nuestra identidad histórica, en un espacio geográfico donde predomina la política de la francofonía. Nuestra dirección nacional así lo considera y lo fomenta como segundo idioma que ha llevado nuestra lucha a los pueblos latinoamericanos e hispanos en general. (2015) | [Nous autres Sahraouis, nous n’avons jamais considéré l’espagnol comme une langue coloniale d’imposition, comme cela a été le cas dans d’autres parties de notre continent africain, comme le Sénégal, pour ne citer qu’un exemple. L'espagnol a vécu avec notre langue hassanya pendant un siècle et a laissé des racines de sa présence culturelle et littéraire. C’était une coexistence linguistique et culturelle qu’après l’abandon honteux et la trahison de la métropole, nous ayons considéré un héritage linguistique et un facteur supplémentaire de notre identité historique, dans un espace géographique où prédominent les politiques de la francophonie. Nos dirigeants nationaux le considèrent et l’encouragent en tant que langue seconde qui a mené notre lutte contre les peuples latino-américains et hispaniques en général.] (2015) |
Compte tenu de ces considérations sur l'espagnol, l'État sahraoui a élaboré depuis sa création une politique linguistique de coexistence entre l'arabe et l'espagnol. Grâce à cet héritage qu'est la langue espagnole, des milliers d'étudiants et de techniciens ont pu obtenir des bourses dans différents pays d'Amérique latine. La plupart des jeunes Sahraouis ont déjà voyagé à la faveur des séjours en Espagne, en Algérie, même en France, ces séjours étant organisés par des ONG et des associations humanitaires. En plus de l'arabe hassanya, ils parlent l'espagnol, plus rarement le français ou l'anglais.
- Les langues berbères
Au fil des siècles, les langues berbères locales comme le comme le tachelhit et le zénaga ont finalement disparu au profit de l'arabe hassanya, qui a toutefois conservé des empreintes linguistiques berbères. Pour trouver des populations et des marques culturelles berbères, il faut les rechercher dans les zones sous administration marocaine, en raison de la proximité géographique et de l'intégration administrative avec le Maroc.
3 Données historiques
AVERTISSEMENT: Pour la partie historique précédant 1975, il faut se référer à la page sur le Sahara occidental en cliquant ici s.v.p.
3.1 La décolonisation du Sahara espagnol
Le 21 août 1974, l'Espagne annonça la tenue d'un référendum d'autodétermination pour le début de 1975. Aussitôt, le roi du Maroc, Hassan II, s'y opposa, y compris par la force parce que le référendum pourrait aboutir à l'indépendance du territoire. Il proposa alors en septembre 1975 l'arbitrage de la Cour internationale de justice. En octobre, lors du sommet de l'OUA à Rabat, le Maroc et la Mauritanie conclurent oralement un accord afin de se partager le territoire. De son côté, l'Algérie se montra favorable à un Sahara occidental indépendant et non aligné tout en cautionnant l'accord mauritano-marocain.
- Le référendum
L'Espagne avait effectué un bref recensement de la population du Sahara espagnol en 1974 afin de déterminer la liste des participants au scrutin d'autodétermination. Le recensement comptabilisait une population de 70 000 à 80 000 habitants, mais n'avait pas pris en compte les Sahraouis réfugiés dans les pays voisins ni les nomades. Pour sa part, le Polisario estimait la population à 250 000 et 300 000 personnes. En décembre 1974, l'Assemblée générale de l'ONU adoptait la résolution 3292 dans laquelle elle réaffirmait le droit à l'autodétermination du Sahara espagnol et demandait à la Cour internationale de Justice d'émettre un avis consultatif sur le statut et les liens juridiques du territoire et mandatait une mission de visite dans le territoire.
En octobre 1975, la Cour internationale de Justice rendait son avis : elle constatait que le territoire du Sahara occidental était, au moment de la colonisation par l'Espagne, peuplé de tribus nomades socialement et politiquement organisées et placées sous l'autorité de chefs aptes à les représenter, et que ce territoire n'était donc en ce sens pas terra nullius à cette époque. La Cour reconnaissait cependant que certaines de ces tribus nomades, notamment les Tekna, avaient des liens juridiques d'allégeance avec le Maroc et la Mauritanie. Finalement, la Cour concluait que ces liens n'étaient pas de nature à entraver «l'application du principe d'autodétermination grâce à l'expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire». En présentant son rapport à l'ONU, la mission concluait également à un «consensus écrasant parmi les Sahraouis vivant sur le territoire en faveur de l'indépendance et en opposition à l'intégration avec tout pays voisin». Les dirigeants de la mission constataient également un soutien massif de la population en faveur du Front Polisario.
- Un régime d'autonomie interne
Or, l’avenir de la colonie espagnole était en litige depuis plusieurs années. Tandis que le Maroc et la Mauritanie réclamaient leur annexion complète à leur territoire, l’Espagne tentait d’établir un régime d’autonomie interne ou un État sahraoui indépendant pro-espagnol. De plus, un groupe indépendant de Sahraouis autochtones, le Front Polisario, cherchait à obtenir l’indépendance par une guerre de guérilla. Depuis 1963, l'ONU considérait la région comme une «colonie» et exigeait son autodétermination, conformément à la résolution 1514 de l’Assemblée générale.
3.2 L'accord de Madrid
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Compte tenu du processus de décolonisation promu par l’ONU, l’Espagne décida de la cession du Sahara espagnol lors de l’Accord de Madrid du 14 novembre 1975, le tout dans un climat d’instabilité politique qui caractérisait la fin du régime franquiste et face à un scénario d’avant-guerre dont la Marche verte et les attaques du Front Polisario étaient des représentants. Par cet accord, une administration tripartite provisoire au Sahara était constituée, composée du Maroc, de la Mauritanie et de l’Espagne, dont la validité était prévue jusqu’au 28 février 1976 et dont le but était de tenir un référendum sur l’autodétermination dans lequel le peuple sahraoui devait décider de son avenir. Cet accord laissait au Maroc la partie septentrionale du Sahara espagnol, tandis que la Mauritanie conservait la partie méridionale. Le Maroc et la Mauritanie s’engageaient à respecter la propriété privée espagnole dans le Sahara et à garantir à leurs propriétaires leur libre disposition et une compensation équitable en cas d’expropriation. Avec la signature des accords du 15 novembre 1975, le Congrès des députés espagnol votait la Loi de décolonisation du Sahara, qui a été approuvée avec seulement quatre voix contre et quatre abstentions. |
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Cependant, l'intention du Maroc était de revenir à ce que l’a appelé «le Grand Maroc», un concept nationaliste et irrédentiste élaboré par le gouvernement marocain au cours des décennies 1950 et 1960. Selon celui-ci, des territoires auraient fait partie historiquement du Maroc: le Sahara occidental, la Mauritanie, une partie du Sahara algérien (à l'ouest), et une partie du Mali (au nord-ouest). Cette prétention reposait sur l'idée que le Maroc devait légitimement recouvrir l'ensemble des territoires dont il aurait été amputé à la veille du protectorat français et durant celui-ci.
Le Maroc avait lancé la «Marche verte» le 6 novembre 1975 en direction de Laâyoune dans le cadre de l’appel à la mobilisation lancé par Hassan II après avoir appris la décision de la Cour internationale de Justice en octobre 1975 dans laquelle la souveraineté marocaine avant l’occupation espagnole avait été refusée. |
3.3 L'occupation du Maroc
Puis les États-Unis ont commencé à vendre des armes au Maroc, comme l’Union soviétique le faisait avec l’Algérie. Avec le départ de l’Espagne du territoire occupé, deux événements se produisirent : le Maroc commença à occuper militairement le territoire pendant que la République arabe sahraouie démocratique fut proclamée à Bir Lehlu,
En février 1976 s'autoproclama la République arabe démocratique sahraouie (RASD). Parmi les dix premiers pays à reconnaître la république sahraouie figuraient l’Algérie, la Corée du Nord, l’Angola et la Guinée-Bissau. En 1979, la Mauritanie renonça à la partie de territoire qu’elle revendiquait, qui avait été unilatéralement annexée par le Maroc, et reconnut à son tour le Front Polisario.
Entre 1980 et 1987, le Maroc érigea une ligne fortifiée au Sahara occidental qui divisait ce territoire désertique en deux, séparant la zone sous contrôle marocain de celle administrée par le Front Polisario, qu'il ne chercha pas à envahir pour ne pas entrer en état de guerre contre l'Algérie. Selon les commentateurs, il fut communément appelé «mur de Sable» ou «mur de la Honte» — mais cette seconde dénomination est partagée avec d'autres structures à travers le monde: ancien Rideau de Fer et mur de Berlin, Ligne Attila à Chypre, Rio Grande, frontières méridionales et orientales de l'Union Européenne, Israël, Corée du Nord et d'autres. C’est une zone militaire avec des bunkers, des clôtures et des champs de mines, construite afin de protéger le territoire effectivement occupé par le Maroc contre les incursions du Front Polisario, et d’empêcher le retour des réfugiés sahraouis sur le territoire. Le déploiement humain et technologique est massif : près de 120 000 soldats marocains gardent en permanence la structure depuis des bunkers, des bases militaires, des postes d’artillerie et des pistes d’atterrissage. De plus, un réseau sophistiqué de radars permet de détecter tout mouvement à des dizaines de kilomètres.
- L'annexion
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Par la suite, le Maroc commença son intégration du Sahara occidental. Il divisa le territoire occupé en provinces, chacune ayant un représentant direct; dans la tentative d’intégrer le Sahara marocain au reste du pays, le gouvernement ainsi des provinces incluses dans son propre territoire, d’où le nom donné par le gouvernement lui-même de «Provinces du Sud».
Entre 1980 et 1987, le Maroc érigea une ligne fortifiée au Sahara occidental qui divisait ce territoire désertique en deux, séparant la zone sous contrôle marocain de celle administrée par le Front Polisario. Selon les intervenants, il fut communément appelé le «mur de sable» ou le «mur de la Honte». C’est une zone militaire avec des bunkers, des clôtures et des champs de mines, construite afin de protéger le territoire effectivement occupé par le Maroc contre les incursions du Front Polisario, et d’empêcher le retour des réfugiés sahraouis sur le territoire. Le déploiement humain et technologique est massif : près de 120 000 soldats marocains gardent en permanence la structure depuis des bunkers, des bases militaires, des postes d’artillerie et des pistes d’atterrissage. De plus, un réseau sophistiqué de radars permet de détecter tout mouvement à des dizaines de kilomètres. |
Trente-cinq ans plus tard, le mur conserve une forte dimension symbolique: pour le Maroc, il reste associé à la sécurisation des zones qu'il administre; pour le Front Polisario, il représente une séparation du territoire revendiqué, une «zone libérée».
- Le rôle de l'ONU
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Le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario est entré en vigueur le 6 septembre 1991. La même année, l'ONU a créé la MINURSO, avec pour mission de surveiller la situation et de préparer le règlement prévu par les accords de paix. À plusieurs reprises, la tenue d’une consultation ou d’un référendum sur le Sahara a été envisagée, sans résultat, comme dans le cas de la fixation du 8 décembre 1998.
Depuis 2008, une manifestation appelée «Les Mille Colonnes» a lieu chaque année dans le désert contre la barrière des militants internationaux des droits de l’homme et des réfugiés sahraouis. |
La situation s'est de nouveau tendue en novembre 2020, après la reprise des hostilités. La MINURSO reste présente sur le terrain pour observer la situation et contribuer à limiter les tensions.
En 2020, l'administration Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en vertu des accords d'Abraham — le Maroc normalisait ses relations diplomatiques avec Israël — , une décision qui a renforcé la position diplomatique de Rabat et affaibli les ambitions de la RASD d'étendre sa légitimité internationale. En somme, pour la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et le Front Polisario, l'ère Trump constituait un revers diplomatique majeur : elle ébranlait le consensus international traditionnel fondé sur le droit à l'autodétermination et la neutralité formelle des grandes puissances. L'objectif du Maroc est clair: il s'agit de réduire la République arabe sahraouie démocratique à une entité strictement symbolique en la privant de tout soutien diplomatique et en transformant le conflit en une affaire simplement intérieure. Finalement, le Maroc se montre ainsi intraitable vis-à-vis des États qui expriment un quelconque soutien à l’autodétermination sahraouie. Par ailleurs, à partir de 2021, la coopération militaire entre le Maroc et Israël a renforcé la perception algérienne d’une menace contre son propre territoire.
3.4 Le rôle de l'Algérie
Depuis 1975-1976, l’Algérie est le seul pays à avoir ouvert ses frontières à un peuple chassé de son territoire et à lui avoir fourni les moyens de survivre dans l’une des régions les plus inhospitalières du monde. Sans le soutien algérien, les Sahraouis n’auraient eu nulle part où aller se réfugier pour éviter la guerre. Depuis cinquante ans, l'Algérie fournit un soutien logistique, des infrastructures de base, de l'eau, de l'énergie et des denrées alimentaires en complément de l'aide internationale, bien que les montants financiers précis de ces dépenses nationales ne soient pas détaillés publiquement. C’est Alger qui a mis à la disposition des Sahraouis le territoire de la Hamada, financé l’approvisionnement initial, et permis aux réfugiés de s’organiser en société autonome, avec leurs propres structures politiques, sanitaires et scolaires.
De façon générale, ces faits constituent une donnée régulièrement occultée dans le débat sur le Sahara occidental. Par conséquent, l'Algérie joue un rôle central et incontournable dans le sort des Sahraouis, cela entre un appui diplomatique et humanitaire historique réel et une instrumentalisation géopolitique par rapport au Maroc.
- Les camps de réfugiés à Tindouf
On parle généralement de Tindouf comme le lieu des camps de réfugiés en Algérie. En réalité, Tindouf est une ville et une ''wilaya'' de quelque 46 000 habitants arabes (recensement de 2008). La ville se trouve dans le désert, près des frontières avec le Maroc, la Mauritanie et le Sahara occidental, à l’extrémité sud-ouest de l’Algérie. C'est une localité isolée du reste de l’Algérie; on ne pouvait avant 2026 y accéder qu’à partir d’une route venant de la ville de Béchar située à plus de 800kilomètres plus au nord. Le 1er février 2026, l’Algérie a mis en service une ligne ferroviaire reliant Tindouf à Béchar, ce qui permet de se rendre par train de Tindouf jusqu’en Tunisie.
Le plus souvent, l'appellation de «Tindouf» est connue pour abriter près de la ville du même nom d'importants camps de réfugiés sahraouis administrés par le Front Polisario. Les camps sont situés dans un environnement aride et désertique, appelé ''hamada''. Les conditions de vie sont par conséquent très difficiles et les habitations précaires : il fait près de 50°C l’été, l’hiver peut être froid.
La population des camps de réfugiés de Tindouf est estimée à environ 173 600 personnes, selon les chiffres officiels de référence du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). Ce nombre établi en 2018 fait l'objet de controverses, car aucun recensement officiel rigoureux n'a pu être mené sur place par le HCR en raison de désaccords politiques entre les parties prenantes. Le gouvernement marocain affirme que le nombre total de réfugiés est d'environ 45 000 à 50 000, et aussi que ces personnes sont retenues dans les camps par le Polisario contre leur gré. Cependant, la ''Central Intelligence Agency'' note qu'il y a environ 100 000 réfugiés dans les camps parrainés par l'Algérie près de la seule ville de Tindouf. Nous savons aussi avec certitude que les habitants sont pour la plupart des habitants sont des personnes âgées, des femmes et des enfants, car les hommes sont réquisitionnés comme soldats.
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Les principaux camps sont ceux de Laâyoune (env. 50 500 habitants), de Smara (env. 60 000), d'Aousserd (env. 35 000), de Dakhla (env. 20 000), de Rabouni (env. 50 000) et de Boujdour (env. 10 000), pour un total approximatif de quelque 170 000 habitants (selon les données de SCRIBD). Tous ces noms de camps rappellent des toponymes identiques au Sahara occidental. Chaque camp est appelé ''wilaya'' et chaque wilaya possède son administration propre, ainsi qu’un hôpital, un centre de santé, des écoles, des collèges, etc. Le camp de Rabouni est le lieu où se sont établies des institutions officielles de la RASD, c'est-à-dire le Parlement et le Conseil national, l'hôpital et le centre des victimes de mines. On trouve aujourd'hui de nombreux résidents qui sont employés dans les administrations ou les ONG. C’est aussi dans ce lieu le siège des organisations internationales, ainsi que les dépôts de nourriture et d’aides diverses. Ce camp est donc unique parmi l’ensemble des camps de réfugiés dans le monde : il provient du transfert des pouvoirs administratifs du gouvernement algérien au gouvernement sahraoui, et donc de la relative indépendance des réfugiés par rapport à l'Algérie. De fait, l’État en exil exerce son pouvoir depuis sur l'ensemble des camps de réfugiés. Pendant que le Maroc qualifie les camps de réfugiés de «Sahraouis détenus dans les camps de la honte», l’Algérie affirme qu’ils seraient des «réfugiés fuyant l’oppression marocaine». |
La vie dans les camps de ces milliers de réfugiés est difficile, et ce, d'autant plus que le Front Polisario marginalise ceux qui contestent ouvertement ses dirigeants ou son orientation politique générale, sans nécessairement les emprisonner. En pratique, les résidents peuvent quitter les camps, mais la peur et la pression sociale empêchent la plupart des individus qui envisagent de s’installer ailleurs de ne pas révéler leur destination avant de quitter les camps.
De façon générale, les droits des habitants des camps de Tindouf demeurent aléatoires en raison de l'isolement de ces camps, de l'absence d'un mouvement de surveillance des droits de l'homme et du manque de supervision de la part de l'État algérien pour garantir le respect des droits fondamentaux des Sahraouis vivant dans les camps du Polisario. Bien que les droits civils et politiques se soient améliorés dans les camps de Tindouf et du Sahara occidental «libéré» sous le contrôle du Front Polisario, personne n'a été traduit en justice par les auteurs des atrocités commises dans les camps. Des cas de mauvais traitements et des actes de torture ont été rapportés à ''Human Right Watch''; ces violences ont été perpétrées pour plusieurs personnes par les autorités militaires, dans les postes de police ou en détention. Cependant, ces autorités bénéficient d’une certaine impunité, puisqu’ils ne sont pas poursuivis par la justice de la RASD. Cela dit, le Front Polisario monopolise le discours politique et marginalise ceux qui doutent ou qui s'y opposent sur les questions importantes, mais les Sahraouis peuvent critiquer les dirigeants du Polisario sur la gestion quotidienne des camps.
- Le démantèlement des camps de Tindouf
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Cinquante ans après la proclamation de la RASD, Washington qui milite pour la reconnaissance de jure des situations de fait accompli à travers le monde (Sahara marocain, conquêtes russes en Ukraine et Géorgie, division de Chypre et de la Bosnie, colonies israéliennes, Somaliland et autres) voudrait en finir avec le droit international et la diplomatie onusienne qui ne parviennent ni à résoudre les conflits ni à réconcilier les adversaires. Le statu quo à Tindouf est de plus en plus coûteux. En avril 2026, sous pression de l’administration de Donald Trump, Alger a soumis une proposition concernant l’avenir des camps de Tindouf, mais cette proposition a suscité des «réserves» à Rabat et à Washington. Il a été proposé de «transférer les Sahraouis des camps vers la zone tampon», située à l'est du mur de Sable des Forces armées royales. Cette proposition est perçue comme une «solution piège», car elle reviendrait à reconnaître de facto un «contrôle» de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sur une partie du Sahara occidental en créant un «bantoustan» incontrôlable et sécessionniste sur le sol marocain. Évidemment, la proposition algérienne a été rejetée à la fois par le Maroc et les États-Unis. |
D'une part, depuis son retrait des accords de cessez-le-feu le 13 novembre 2020, le Polisario a perdu toute possibilité de présence civile et militaire effective dans cette zone (algérienne), d'autre part, la proposition de transférer les camps de Tindouf vers la zone tampon apparaît comme une tentative d’Alger d’éviter de payer les conséquences de son échec politique prolongé sur le dossier du Sahara occidental.
La demande de démantèlement des camps soulève des questions sur le sort des Sahraouis. La déportation des 50 000 ou de 100 000 réfugiés en sol marocain sans consultation préalable est-elle possible? Et leur intégration à l'Algérie ou un transfert vers la zone tampon à l’est du mur de Sable ? Aucune de ces options n'est aisément réalisable. D'abord, le droit international des réfugiés interdit tout rapatriement non volontaire. L'Algérie n'est guère intéressée à intégrer les Sahraouis. Rabat y voit une tentative d’accréditer la thèse des «territoires libérés» du Polisario.
En termes de droit, il n’existe aucune destination légitime pour ces populations sahraouies, à moins qu’elles ne soient d’abord consultées sur leur propre destin. Rappelons la résolution n° 34-37 du 21 novembre de l’Assemblée générale des Nations unies qui réaffirmait «le droit inaliénable du Sahara occidental à l’autodétermination et à l’indépendance». Quoi qu'on en pense, ce droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ne relève pas de la négociation politique, mais constitue une obligation juridique internationale contraignante. Cela semble l'unique mécanisme qui permettrait de sortir de cette impasse, mais celui-ci doit s’inscrire dans un processus plus global concernant le Sahara occidental.
- Une autonomie sous souveraineté marocaine
Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait une résolution historique, n° 2797 (voir le texte), soutenant la proposition d’autonomie du Maroc soumise en 2007 comme cadre acceptable et réaliste pour traiter ce conflit vieux de cinq décennies, appelant les parties concernées à engager des négociations sur cette base. La résolution soumise par les États-Unis d’Amérique stipulait également la prolongation du mandat de la Mission des Nations unies au Sahara (MINURSO) d’un an, jusqu’au 31 octobre 2026. L’absence de tout usage du veto et l’adoption de la résolution par une majorité confortable (11 voix pour, aucune contre, et 3 abstentions: Russie, Chine, Pakistan) ont conféré au texte une grande force politique et morale, et ont consacré le soutien du Conseil de sécurité au processus de l’ONU fondé sur l’initiative d’autonomie du Maroc comme cadre le plus approprié pour régler ce conflit qui dure depuis un demi-siècle.
Cependant, les opposants estiment que cette résolution écarte l'option du référendum d'autodétermination et l'indépendance, ce qui vaudrait alors à l'abandon des droits du peuple sahraoui. De plus, l'absence d'un fort consensus au Conseil de sécurité limite sa portée exécutoire et fait craindre de nouvelles tensions sur le terrain. De toute façon, ce demi-État n'est pas viable à long terme, surtout si l'Algérie décidait de renoncer à abriter à la fois le gouvernement en exil et la population sahraouie.
4 La politique des langues
La République arabe sahraouie démocratique (RASD; en espagnol : República Árabe Saharaui Democrática; en arabe: Almajlis Alsahrawiu Alwataniu; en anglais: Sahrawi Arab Democratic Republic ou SADR) est dirigée par le Front Polisario.
La Constitution actuelle a été adoptée en 1976 et a été révisée à plusieurs reprises par le Conseil national sahraoui, dont la version de 2003. Elle affirme que le peuple sahraoui est arabe, africain et musulman et garantit des droits tels que la liberté d'expression et l'égalité devant la loi; elle proclame également que l’arabe est la langue officielle et déclare la séparation des pouvoirs. Cependant, ce document est considéré comme provisoire. Les lois locales reflètent le fait que le territoire est principalement musulman; elles doivent respecter les traditions, les coutumes et la religion.
4.1 Les services publics et les tribunaux
La Constitution de la RASD, adoptée par le Xe Congrès national de 1999, énonce que «la langue arabe est la langue nationale officielle» (version de 2003):
| Article 3
L’arabe est la langue nationale et officielle. Le peuple sahraoui est un peuple arabo-africain musulman. |
Il faut comprendre que l'arabe dont on parle ici est l'arabe standard, celui que personne ne parle normalement dans la vie quotidienne, puis que l'arabe parlé par les Sahraouis est l'arabe hassanya.
Les hôpitaux, les écoles, les services d’assistance minimale sont offerts par le gouvernement sahraoui et par l’aide humanitaire du monde de la solidarité, en particulier espagnole et italienne. Une partie de l’administration de l’État sahraoui a adopté comme fonctionnement une politique de bilinguisme arabe-espagnol. Les tribunaux utilisent l'arabe standard et l'espagnol à l'écrit, mais l'arabe hassanya à l'oral. Les services publics sont assurés à la fois en arabe standard (écrit) et en hassanya ou en espagnol à l'oral.
4.2 L'éducation
Le système d'éducation de la République arabe sahraouie démocratique fonctionne comme un service public entièrement gratuit et obligatoire, géré de manière autonome par les Sahraouis eux-mêmes, principalement au sein des camps de réfugiés de la région de Tindouf en Algérie. Malgré un exil prolongé et des conditions désertiques extrêmes, ce modèle d'auto-organisation a permis de faire passer le taux d'alphabétisation de 5 % en 1975 à plus de 90 % après 2020. Contrairement à d'autres pays, les écoles sont mixtes. Chaque classe dispose de sa propre salle et, à la fin de chaque cours, les professeurs changent de salle. Lorsqu’on rentre dans l’une de ces salles, elles sont toutes décorées des travaux des élèves, en différentes langues. Les élèves ont des cours de 8h à 14h, puis une autre session se déroule entre 16h et 18h.
Des cours de soutien sont proposés aux élèves en difficulté.L'enseignement est calqué sur un modèle de trois grands cycles :
- l'éducation préscolaire (3 à 6 ans) : ce cycle met l'accent sur la socialisation, les chants et l'initiation aux chiffres et à l'alphabet;
- l'enseignement primaire (6 à 12 ans) : obligatoire pour tous les enfants, il est offert dans les écoles des différents camps (''madrasas'') avec l'arabe standard comme langue d'enseignement;
- l'enseignement secondaire (12 à 16 ans) : obligatoire pour les élèves qui y approfondissent les matières scientifiques, l'histoire et les langues, notamment l'espagnol, en raison du passé colonial du Sahara occidental, mais également le français, parfois l'anglais. Les manuels scolaires, le mobilier et les outils numériques manquent cruellement dans les salles de classe.
À l'école, l'arabe hassanya est strictement limité aux interactions orales spontanées entre élèves ou enseignants; il n'est jamais employé pour l'administration écrite, les examens ou les manuels scolaires.
Le corps enseignant est très majoritairement féminin (plus de 80 %). Les enseignantes sont formées localement, notamment au sein d'institutions nationales emblématiques situées dans les camps. Beaucoup enseignantes qualifiées quittent l'enseignement pour faire du commerce ou pour travailler hors des camps afin de subvenir aux besoins de leurs familles.
Il n'y a pas de lycées dans les camps, les jeunes sont automatiquement envoyés dans les lycées algériens. Évidemment, les camps ne disposent que de très peu d'infrastructures universitaires (malgré la création symbolique de l'Université de Tifariti); le système s'appuie sur la coopération internationale avec des bourses à l'étranger. Pour obtenir un diplôme universitaire ou technique, les jeunes Sahraouis s'exilent plusieurs années grâce à des partenariats, principalement en Algérie, à Cuba (très active pour la formation médicale) et en Espagne. Chaque année, quelque 7400 étudiants sahraouis partent pour l’Université d’Alger, où les autres élèves, algériens, apprennent le français dès l’école primaire; ces derniers ont donc une maîtrise beaucoup plus élevée du français que les Sahraouis; à l'université en Algérie, les matières scientifiques sont données en français, et les matières littéraires en arabe.
- L'enseignement bilingue
L’enseignement bilingue est obligatoire dès le primaire. Les langues d'enseignement sont l'arabe standard moderne et l'espagnol castillan. Selon un rapport publié par l'Institut Elcano pour les études internationales et stratégiques (Leyre Gil Perdomingo et Jaime Otero Roth, septembre 2008), l'enseignement de l'espagnol est devenu un «acte de résistance» non seulement dans les zones contrôlées par le Front Polisario, mais également dans les territoires occupés par le Maroc. En ce cas, les enseignants d'espagnol peuvent être victimes d'intimidation et de persécution dans la zone contrôlée par le Maroc. Les militants des droits de l'homme sahraouis ont dénoncé la persécution des Espagnols pratiquant au Maroc dans les territoires occupés du Sahara, dans le cadre d'une campagne d'élimination de l'identité sahraouie.
Il faut distinguer les écoles situées dans la zone contrôlée par le Front Polisario et celles des camps de réfugiés de Tindouf. De façon générale, dans la plupart des écoles, les élèves commencent à étudier l'espagnol castillan en tant que matière à partir de la deuxième année du primaire, puis certaines disciplines sont données entièrement en espagnol. La plupart des enseignants sahraouis ont étudié à Cuba en vertu d'accords pédagogiques conclus avec le gouvernement cubain.
Actuellement, l’espagnol est enseigné dans plusieurs établissements privés; certains de ceux-ci sont entre les mains d'associations proches de l'occupant marocain, comme c'est le cas d'Alter Forum. Cet organisme a été fondé en 2002 par Bachir Edkhil, président de l’Association pour le développement social et économique de la région du Sahara occidental. Les activités d'Alter Forum sont concentrées principalement sur l'élimination de l'analphabétisme, la formation professionnelle, la création d'occasions économiques pour les petites entreprises et la collaboration avec les femmes et les jeunes pour promouvoir la croissance personnelle. Il existe également une association hispanique d'El Aaiun, l'Association pour la surveillance des ressources et la protection de l'environnement au Sahara occidental, qui tente de préserver la langue espagnole parmi les Sahraouis.
- L'enseignement du français
Dans ce «pays», le français est enseigné principalement comme matière linguistique optionnelle ou secondaire au niveau du collège et du lycée. Il est perçu comme un outil de communication internationale et un atout pour les études supérieures. Étant donné qu'une grande partie des étudiants sahraouis poursuivent leur programme universitaire en Algérie, un pays fortement francophone, l'apprentissage du français dans les camps sert donc aussi à préparer les jeunes à cette transition. Le ministère de l'Éducation de la RASD s'appuie sur des structures locales comme le ''Centre de formation pédagogique du 9 juin'' pour former ses professeurs de français.
Bien sûr, l'enseignement du français, comme l'ensemble du système scolaire sahraoui, souffre du manque de ressources, de l'isolement géographique dans le désert et de la dépendance vis-à-vis de l'aide internationale.
- Les camps de réfugiés
Dans les camps de réfugiés, on compte entre cinq et sept écoles par camp; chacun de ces camps fixe ses propres programmes scolaires et publie ses propres manuels grâce à l'aide internationale. Le soutien à l'enseignement de l'espagnol au Sahara provient principalement d'initiatives émanant de communautés autonomes, de municipalités, d'organisations et du mouvement de solidarité. Ces organismes élaborent des projets de création de bibliothèques, de centres d’études pour l’espagnol, de formation d’enseignants ou de stages pour les futurs enseignants dans les camps. Le gouvernement sahraoui a signé des accords en matière d'éducation avec Cuba dans les années 1970 pour un enseignement en espagnol. Il existe dans les camps de réfugiés à Tindouf un centre de formation pédagogique pour les enseignants.
Parmi les projets liés à l'enseignement de l'espagnol dans les camps de réfugiés à Tindouf, mentionnons les projets d'associations solidaires avec le Sahara occidental, tels que "Des livres qui nous rendent libres" (Campaña libros que nos hacen libres), une campagne pour la collecte de 5000 volumes pour la bibliothèque d'Amgala (village au sud de Smara et à l'ouest de Tifariti, à quelques kilomètres au nord de la frontière mauritanienne), le Centre d'enseignement de l'espagnol créé par l'AAPS de Béjar ou des projets d'alphabétisation en espagnol de femmes sahraouies.
Il existe aussi des structures d'hébergement scolaire de type internat ou pensionnat pour les enfants sahraouis, principalement implantées au sein des camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, dans le but de pallier l'éloignement et offrir un suivi éducatif aux enfants des camps. Depuis 2012, il existe la première université sahraouie de l’histoire, l’Université de Tifariti, mais elle ne fonctionne à peu près pas. Si la fréquentation frôle les 98 % au primaire, le taux de réussite chute à environ 52 % en fin de cycle secondaire.
4.3 Les médias
La situation des médias liés à la République arabe sahraouie démocratique est différente entre les organismes officiels émettant depuis les camps de réfugiés et les journalistes actifs dans les territoires contestés du Sahara marocain. Les structures officielles fonctionnent depuis les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie ou depuis les zones sous contrôle du Front Polisario. La République arabe sahraouie démocratique gère ses propres médias audiovisuels depuis l'exil, avec pour organisme principal la ''Radio Nacional'', créée le 28 décembre 1975 sous le nom de Radio Nacional de la Republica Árabe Saharaui Democrática, une station de radio à diffusion internationale du gouvernement en exil. La station diffuse en arabe et en espagnol grâce aux ondes moyennes et aux ondes courtes, ainsi que, depuis 2006, par Internet.
En résumé, les médias officiels sont le journal Essahra Elhora, la Radio Nacional de la República Arab Sahrawi Democrática, l’agence de presse Sahara Press Service et la chaîne de télévision SADR TV.
Par les ondes, la station émettrice atteint la population du Sahara occidental, mais vise le reste du monde par l'Internet. On ignore l'emplacement exact de l'émetteur, mais il est possible qu'il soit à Tindouf en Algérie, car la station dispose d'une boîte postale à Alger, ce qui signifie que le régime algérien soutient ouvertement les indépendantistes sahraouis. Ces médias tentent de donner de la visibilité à la cause sahraouie et de contrer les informations des autorités marocaines.
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Il est difficile de cerner la politique linguistique formelle de la République arabe sahraouie démocratique dans la mesure où il n'existe que fort peu de documents juridiques et administratifs. Il faut se baser sur les pratiques réelles en tenant compte que la RASD est un demi-État qui ne dispose pas de ressources économiques propres suffisantes pour financer de manière autonome son effort militaire, ni pour les écoles ni pour les hôpitaux. La RASD dépend quasi exclusivement de l'aide financière, logistique et militaire de l'Algérie pour maintenir les capacités opérationnelles de l'Armée de libération populaire sahraouie (ALPS), la branche armée du Front Polisario. Forcément, il en est ainsi pour le système de santé et celui de l'éducation. L'État sahraoui n'exerce aucun contrôle sur les riches ressources naturelles de son territoire historique, qui restent sous administration marocaine.
Bien que ses ressources budgétaires propres soient extrêmement limitées, la RASD semble parvenir à faire fonctionner ses structures publiques grâce à un modèle d'organisation communautaire associatif. En dépit de la pauvreté et des conditions de vie précaires dans les camps de réfugiés (notamment dans la région de Tindouf en Algérie), la RASD affiche un taux d'alphabétisation de plus de 95 %. L'éducation y est obligatoire, gratuite et considérée comme un pilier de l'identité nationale. Quant à la santé, les cliniques et les programmes de vaccination dépendent des financements d'ONG, des agences de l'ONU et des contributions directes de pays alliés (au premier rang desquels l'Algérie). Forcément, les écoles et les dispensaires, construits pour beaucoup dans les camps de réfugiés, subissent les aléas climatiques du désert sans budget suffisant pour la plupart des rénovations importantes.
La question linguistique constitue aussi une préoccupation plus symbolique que réelle dans la région. Dans les faits, l'arabe hassanya demeure la langue véhiculaire de 100% des Sahraouis. Avec une population aussi homogène, la politique linguistique devrait être simple à appliquer. Comme dans tous les pays arabophones, c'est l'arabe standard moderne qui est promu dans les écoles, l'administration et les médias, et il en est ainsi dans la RASD. Mais c'est avec cette politique d'arabisation standardisée que la RASD a permis d'atteindre un taux d'alphabétisation d'environ 95 % au sein de sa population réfugiée, ce qui est remarquable et constitue un renversement spectaculaire par rapport à 1975, où l'analphabétisme touchait plus de 95 % de la population à la fin de la colonisation espagnole. Malgré cette réussite qu'on pourrait qualifier d'historique, d'importants défis structurels menacent la qualité de cet enseignement à plus long terme. L'isolement géographique des camps et le statut politique gelé du Sahara occidental bloquent l'économie locale, de sorte que de nombreux jeunes, bien que relativement diplômés, se retrouvent touchés par un chômage massif, ce qui génère un sentiment de frustration face à un avenir incertain.
L'aspect symbolique concerne l'espagnol comme instrument de résistance au Maroc. Cette langue est enseignée et employée dans les camps de réfugiés sahraouis (notamment à Tindouf) ainsi que dans les médias, mais sans être une imposition juridique véritable. La connaissance de l'espagnol sert en principe de pont diplomatique et culturel avec l'Espagne et les pays d'Amérique latine pour faire connaître la cause sahraouie.
Il est probable à long terme que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ne puisse pas se concrétiser, tant au point de vue politique, qu'économique et social. D'ailleurs, en 2026, le démantèlement des camps de Tindouf en Algérie a fait l'objet de pressions diplomatiques internationales et de vifs débats humanitaires et politiques. Pour plusieurs chancelleries et experts, la situation figée dans ces camps n'est plus tenable sur le plan géopolitique. Un jour ou l'autre, comme l'autorité palestinienne en Israël, ce demi-État sera obligé de se fondre dans le Sahara marocain. La question linguistique ne devrait pas causer de problème majeur, surtout si le Maroc consentait à accorder une certaine autonomie à tout le Sahara marocain. La différence résiderait dans le sort de l'espagnol, mais ce dernier ne devrait pas être trop compliqué à maintenir avec un peu de bonne foi de la part du Maroc.
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Bibliographie ALGUERO CUERVO, José Ignacio. «Histoire ancienne du Sahara occidental et colonisation du territoire par l’Espagne» dans Le droit international et la question du Sahara occidental, Bruxelles, Éditions Vincent Chapaux, 2009, p. 25-30. BOUKOUS Ahmed. «La politique linguistique au Maroc : enjeux et ambivalences» dans Les politiques linguistiques, mythes ou réalités, Paris, C. Juillard et L-J. Calvet (dir.), Éditions AUPELF-UREF, 1998, p. 63-72. CORREALE, Francesco et Juan Carlos GIMENO MARTIN. « Sahara occidental : mémoires coloniales, regards postcoloniaux» dans Les Cahiers d’EMAM, 2015, p. 24-25. DECASTER, Michèle «Front judiciaire et pillage économique d’une colonisation classique» dans Aujourd'hui l’Afrique, 01/06/2017, n° 144, p. 2-5. GRANDGUILLAUME, Gilbert. Arabisation et politique linguistique au Maghreb, Paris, Éditions G.-P. Maisonneuve et Larose, 1983, 127 p. LEFORT, Maria. «Sahara occidental, l’histoire d’un peuple oublié» dans Causes communes, avril 2016 (01/04/2016), N° 88, P. 26-28. OMAR, Sidi M. «La position du Front Polisario» dans Le droit international et la question du Sahara occidental, Bruxelles, Éditions Vincent Chapaux, 2009, p. 37-44. OULD CHEIK, Abdel Wedoud. Éléments d'histoire de la Mauritanie, Nouakchott, Institut mauritanien de recherche scientifique, Centre culturel français Antoine-de-Saint-Exupéry, 1991, 135 p. VILLEMONT, Régine. Avec les Sahraouis, une histoire solidaire de 1975 à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2009, 351 p. |
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